Alors, avec une expression d’orgueil intraduisible,—il toucha la plante de sa baguette, et me dit:—Voici...
Mais, à mon tour, je suis engagé par un serment:—je ne puis dire le nom qu’il fut si heureux de prononcer.
—Croyez-vous qu’on invente ces choses-là?
On remarque encore dans cette famille la majestueuse fritillaire, ou couronne impériale, l’un des ornements les plus pittoresques des jardins; les hémérocalles, dont les fleurs sont presque aussi belles que celles du lis; les yucca, charmants arbrisseaux qui ressemblent un peu au palmier; et une foule d’autres genres qui seuls suffiraient pour justifier le titre de glorieuse donné à cette si belle et si nombreuse réunion.
Auprès de cette superbe famille, dont nous n’avons pu dire toutes les beautés, vient s’en grouper une autre toute petite, celle des broméliées, formée seulement de trois genres, l’ananas ou bromelia, le pitcairnia et la tillandrie. L’ananas est le genre le plus remarquable des trois, et il est assez connu par la délicieuse saveur de son fruit.
Après cette petite famille en vient une immense et belle, celle des narcissées, qui disputent aux liliacées le prix de la beauté des fleurs, de l’élégance du port et de la suavité des parfums. En tête de cette famille se placent les amaryllis, genre si nombreux et si varié, que nous n’en saurions ici énumérer les espèces. Parlons de la plus remarquable, de l’amaryllis gigantesque, qui est peut-être la plus belle des fleurs connues: son oignon, d’une grosseur énorme, pousse, au milieu d’une touffe de feuilles de la plus grande dimension, une tige de trois pouces de diamètre et de plus de deux pieds de hauteur, du sommet de laquelle, et en tous sens, s’étalent au moins soixante pédicules fort longs, terminés chacun par une fleur d’un rose vif, rayée d’un rose plus foncé, et de trois pouces de longueur. Qu’on se figure l’éclat de cette magnifique couronne de plus de six pieds de circonférence, et dont on chercherait en vain dans tout le règne végétal un second exemple! Cette plante si belle a fleuri en France pour la première fois dans le cours de l’année 1820.
C’est à la famille des narcissées qu’appartiennent en outre la jonquille (fig. 38), le narcisse de Constantinople, celui de Chypre, le lis des Incas, les hémantes, les galantines, les perce-neige et l’agavé, dont la floraison est un objet d’admiration: après une croissance d’un grand nombre d’années, l’agavé, ayant acquis toutes ses forces, accomplit ce phénomène: du milieu de ses feuilles s’élève, ou plutôt s’élance, tant son développement est rapide, une tige nue, haute de quinze à vingt pieds, terminée par une immense quantité de fleurs jaune verdâtre, disposées en une magnifique pyramide. Cet accroissement subit s’exécute en quinze jours environ; puis bientôt les fleurs passent, la tige se flétrit, et la plante meurt en laissant un nombre infini de graines et quelques rejetons qui offrent un moyen plus prompt de la propager.
La dernière famille de la classe MONOPÉRIGYNIE se compose des iridées, dont les iris sont le genre principal et le plus nombreux; les deux autres genres les plus importants sont les ixia, dont les fleurs offrent toutes les couleurs et toutes les nuances imaginables, et les glaïeuls, dont les fleurs, aussi fugaces que belles, ne vivent que quelques heures.