Une variété remarquable du chêne est celle dont l’écorce épaisse et spongieuse est connue sous le nom de liége. Tous les neuf ou dix ans, cette écorce se fend, se détache d’elle-même, et elle est remplacée par une autre qui se forme en dessous. Un arbre peut donner ainsi jusqu’à quinze récoltes avant d’être épuisé. Le chêne-liége croît spontanément dans les parties méridionales de l’Europe: on en trouve beaucoup dans le midi de la France.

Le châtaignier mérite aussi d’être placé au premier rang des arbres les plus beaux et les plus utiles. Non-seulement son bois est excellent pour la charpente, mais ses fruits forment la principale nourriture des habitants de beaucoup de pays. Dans plusieurs parties de la France, telles que le Limousin, le Périgord, les Cévennes, la Corse, les habitants des campagnes ne mangent pas d’autre pain que celui de châtaignes. Il en est de même dans les montagnes des Asturies, en Espagne; dans les Apennins, en Italie, et dans plusieurs cantons de la Sicile. La récolte des châtaignes est presque toujours très-abondante, et elle ne manque jamais entièrement.

Sous le rapport de la beauté, le châtaignier ne le cède à aucun autre: son port est majestueux, et il arrive à une grosseur prodigieuse. Tel est celui que les voyageurs vont visiter sur le mont Etna, dont nous avons parlé plus haut, et qui n’a pas moins de quatre mille ans. On en voit un en France, près de Sancerre, dont le tronc a plus de dix mètres de circonférence, et qui est âgé de plus de mille ans; il y a plus de six cents ans qu’on l’appelait déjà le gros châtaignier.

Les aunes sont aussi d’une utilité générale. Les saules forment une division considérable. L’espèce la plus remarquable est le saule pleureur, dont les branches, en retombant, font de si belles arcades de verdure.

Parmi les peupliers, qui sont aussi fort nombreux, on distingue le peuplier d’Italie, celui du Canada, celui d’Athènes, et le peuplier baumier, dont on tire une substance odorante connue sous le nom de tacamahaca.

Les bouleaux se trouvent jusque vers le pôle arctique, où ils sont les derniers vestiges de la végétation ligneuse. Leur séve est, pour les Kamtschakales, une boisson délicieuse. Dans l’Amérique septentrionale, les habitants emploient l’écorce du bouleau pour faire des barques et des pirogues. En France, on en fait des sabots et des balais.

Enfin, c’est aussi aux amentacées qu’appartient le cirier, arbrisseau originaire de l’Amérique, dont le fruit contient une assez grande quantité de cire. Il s’est parfaitement naturalisé dans le midi de la France; mais jusqu’à présent il n’a été considéré que comme plante d’agrément, et l’on n’a pas tenté d’en tirer un parti avantageux.

La dernière famille est celle des conifères, ou arbres toujours verts, à la tête de laquelle il faut placer le cèdre majestueux qui élève sa tête dans les nues; le second rang appartient aux sapins, ces fiers enfants du Nord; le pin se place ensuite, puis les mélèzes, les cyprès, les ifs et l’éphédra, derniers et humbles enfants de cette famille de géants.

Ici finit la tâche du botaniste, que nous quittons pour entreprendre celle de l’horticulteur. Après avoir tenté de faire connaître les plantes, nous essayerons de dire comment naissent les plus jolies, l’éducation qui leur convient, les dangers dont il faut les garantir, les défauts dont il importe de les corriger. Nous ferons de l’hygiène, de la pathologie, de la thérapeutique de parterre, et là, au moins, nous ne serons pas forcé d’avoir recours à un langage barbare pour raconter et faire comprendre de douces et gracieuses choses.