| Poix de Bourgogne | 5/10es |
| Poix noire | 2/10 |
| Cire jaune | 1/10 |
| Résine | 1/10 |
| Suif de mouton | 1/10 |
Le tout fondu à petit feu, bien mélangé et employé pas précisément chaud, mais avant d’être entièrement refroidi.
Greffe en couronne.—Elle ne se pratique que sur des sujets très-forts, sur un tronc coupé aux deux tiers de sa hauteur, par exemple. On pratique sur ce sujet, à l’aide d’un petit coin de bois, une ouverture entre le bois et l’écorce sur toute la circonférence; on place ensuite dans cette ouverture, et en forme de couronne, les greffes préparées comme pour greffer en fente, en ayant soin que l’écorce du sujet et celle des greffes se touchent, et on achève l’opération comme pour la greffe en fente.
Greffe en écusson.—On ne pratique cette greffe que sur les arbres et arbrisseaux dont l’écorce se détache facilement. On pourra greffer de cette manière au printemps pendant la séve et en automne. Faite en automne, on la nomme greffe à œil dormant, parce qu’elle ne reprend qu’au printemps suivant; faite au printemps, pendant la séve, on l’appelle greffe à œil poussant, parce qu’elle pousse presque aussitôt: mais en général, celle pratiquée en automne réussit mieux.
Si l’on opère en novembre, on choisira pour prendre la greffe une branche de cette même année. Avec le tranchant du greffoir on incise l’écorce de cette branche en forme d’écusson, tout autour d’un œil bien nourri; puis, glissant le greffoir sous cet écusson, entre l’écorce et l’aubier, on le détache, on fait aussitôt sur le sujet deux incisions, l’une horizontale, un peu plus large que l’écusson; l’autre verticale, de manière que les deux incisions forment cette figure T, si l’on opère en automne, et celle-ci ⟘, si c’est au printemps. On glisse ensuite le greffoir sous l’écorce ainsi incisée jusqu’à l’aubier, et on la détache assez pour pouvoir glisser dessous l’écorce qui est la greffe, puis on coupe horizontalement la partie supérieure de cet écusson, de manière que l’écorce de la greffe et celle du sujet soient réunies. On fait ensuite, avec de la laine ou du chanvre, une ligature qui maintienne les choses en cet état, et que l’on aura soin de desserrer à mesure que le sujet grossira.
Greffe en approche.—Ce genre de greffe réussit sur tous les arbres et arbrisseaux, pourvu que greffe et sujet soient assez voisins pour pouvoir se toucher. Supposons, par exemple, qu’un lilas et un syringa soient assez voisins pour que l’on puisse mettre en contact une branche de l’un avec une branche de l’autre, il sera facile alors d’obtenir du lilas sur le syringa, et du syringa sur le lilas. Les branches étant autant que possible de grosseur égale, on incisera jusqu’à la moelle la branche de lilas et celle de syringa; on les appliquera et on les maintiendra l’une contre l’autre dans la partie incisée, à l’aide d’une ligature et du mastic composé comme il est dit plus haut. Si c’est le lilas qui doit produire du syringa, on coupera à quelques centimètres au-dessus de la ligature la branche du lilas qui est le sujet, afin de forcer la séve à monter dans la greffe; on fera la même chose dans le sens opposé, si l’on veut faire produire du lilas au syringa. Lorsque la soudure sera complète, on pourra couper la greffe au-dessous de la reprise, mais non tout d’un coup: on fera d’abord une entaille qu’on rendra successivement plus profonde jusqu’à ce que la section soit entière.
La greffe en approche peut se faire de mars en septembre; mais elle réussit mieux lorsque la séve monte que lorsqu’elle descend.
Greffe anglaise.—Pour que cette greffe réussisse, il faut que le sujet soit jeune, et que sujet et greffe soient de la même grosseur: l’un et l’autre sont coupés en biseau de même longueur et en sens inverse, afin de s’ajuster parfaitement; mais comme, malgré la ligature, la greffe pourrait glisser, on pratique à la partie correspondante du biseau de la tige une entaille ascendante, de manière que la greffe se trouve accrochée au sujet, et l’on termine comme pour la greffe en fente. Cette greffe ne réussit bien qu’au printemps.
Greffe herbacée.—C’est tout simplement la greffe en fente appliquée aux plantes herbacées ou aux plantes ligneuses alors qu’elles sont encore jeunes et molles. On l’emploie avec succès lorsque le sujet est dans toute sa force de végétation, c’est-à-dire un peu avant la floraison. Le sujet et la greffe étant très-tendres, il faut opérer avec beaucoup de dextérité; elle est d’ailleurs peu en usage pour les fleurs.