BRUYÈRES.—Jolis arbustes, d’un effet très-agréable dans les appartements. Culture en pot ou en caisse mobile; en orangerie ou en serre pendant l’hiver.—Multiplication par éclats ou par marcottes.—Nombreuses variétés, même culture.
BUGLOSE.—Plante à racines fibreuses, donnant en avril de petites fleurs bleues d’un aspect très-agréable.—Multiplication par graines, ou mieux par éclats.—Terre de bruyère; arrosements modérés.
C
CAMÉLIAS.—Les camélias, qu’on appelait d’abord roses du Japon, sont aujourd’hui la fleur la plus en vogue dans l’aristocratie.
Le camélier ou camélia est un très-bel arbrisseau toujours vert, donnant, en février, des fleurs superbes, rouges, blanches ou roses, selon la variété; mais parfaitement inodores.—En serre, d’octobre en mai.—Terre de bruyère mélangée d’un tiers de terre franche et d’un peu de terreau. Il faut le tenir près des fenêtres, car le défaut de lumière le ferait infailliblement périr. Beaucoup d’eau en été et peu en hiver.—Multiplication par graines sur capot et sous cloche; par boutures, qui reprennent très-facilement, et par marcottes qu’on ne peut serrer qu’au bout de deux ans.
Bien que cette fleur soit réellement très-belle, mérite-t-elle la vogue dont elle jouit? Nous pensons, en conscience, qu’elle ne doit cette faveur qu’à la difficulté de la culture. Quoi qu’il en soit, les camélias sont devenus une partie indispensable des toilettes de bal, et certains amateurs ont renouvelé de nos jours, à propos de cette plante, les folies des amateurs de tulipes du siècle précédent. Tout récemment, un procès s’est engagé devant le tribunal de commerce de Paris à propos de deux camélias vendus ONZE MILLE FRANCS. L’acquéreur n’avait acheté ces arbustes, alors à la Nouvelle-Orléans, que sur les dessins qui lui en avaient été donnés: le marché conclu, les camélias arrivèrent à grands frais de l’Amérique. Ils étaient en fleurs, l’acquéreur refusa de les recevoir, prétendant que les fleurs différaient de celles qui lui avaient été montrées sur le papier; mais il fut condamné à prendre livraison et à payer. Cœurs sensibles, ne vous hâtez pas trop de le plaindre: le procès avait eu du retentissement; tous les journaux en avaient rapporté les détails; tout le monde voulut voir ces deux arbustes déposés au Jardin-d’Hiver des Champs-Élysées; les recettes, pour droit d’entrée dans cet établissement doublèrent, et les fleurs que portaient ces deux camélias, vendues au détail, produisirent quatre mille francs! Dans dix ans, les mêmes arbrisseaux se donneront pour trente sous sur les marchés aux fleurs de Paris; dans le pays des roses, le règne du camélia ne peut être que passager.
CAMPANULE.—Plante vivace, à racines fibreuses, se multipliant par graines ou par éclats, et donnant en juin de très-jolies fleurs en forme de cloche, de toutes couleurs, selon les variétés.—Terre franche, mêlée de terre de bruyère. Arrosements fréquents en été.
CAPUCINE.—Jolie plante grimpante qui, à cause du peu de soin qu’elle demande, est l’ornement ordinaire de la fenêtre du pauvre.—Belle verdure, charmantes fleurs. Multiplication par graines, semées en place, au mois d’avril. Il suffit de l’arroser fréquemment pour qu’elle réussisse, à quelque exposition qu’elle soit.
Bien plus jolie que beaucoup d’autres, cette modeste fleur est dédaignée des heureux du jour; il est vrai que la pauvreté a de grands torts: ses faveurs sont à qui les veut, et elles ne coûtent rien!
CENTAURÉE ODORANTE.—En août, fleurs grosses, ayant la forme du bleuet; de couleurs diverses, selon la variété.—Terre franche, multiplication par graines, en février.—Quelques variétés sont vivaces, comme la centaurée de montagne, la centaurée blanche, et quelques autres. Ces dernières se multiplient par éclats séparés au mois d’octobre.