—Eh bien! est-ce que c’est un brimborion comme ça qui l’empêchera de mourir?... Laissez-moi donc tranquille avec vos singeries.
Arthur se retira la rougeur sur le front et le désespoir dans le cœur. Il ne dit rien à sa mère de l’humiliation qu’il venait de subir, et comme la baronne continuait à manifester le désir d’avoir une branche de clématite, il lui dit qu’il irait voir M. Guiron, leur voisin, vers la fin du jour, et que probablement il obtiendrait la permission de couper quelques tiges de ce joli arbuste.
Le soir venu, le jeune homme sort de sa demeure; il monte sur un petit mur, du faîte duquel il peut atteindre la clématite tant enviée: il en coupe promptement plusieurs branches, et, heureux de cet innocent larcin, il se dispose à se retirer par le même chemin, lorsque Guiron, qui a entendu quelque bruit, sort armé d’un fusil, et fait feu sur le jeune homme. Pas un cri, pas un gémissement ne se fait entendre; Arthur regagne la chambre de sa mère; il remet entre les mains de la malade les branches de clématite qu’il vient de dérober, et presque aussitôt il tombe sans avoir pu prononcer un mot. Exaltée par l’amour maternel, Mme de Cauville recouvre assez de force pour s’élancer hors du lit: elle essaie de relever son fils; elle l’interroge en lui prodiguant les noms les plus tendres; mais Arthur ne peut l’entendre: atteint d’une balle en pleine poitrine, c’était par un effort surhumain qu’il avait pu arriver jusqu’à sa mère; en tombant il avait rendu le dernier soupir.
En reconnaissant toute l’étendue de son malheur, l’infortunée ne fit point retentir sa chaumière de cris et de sanglots; elle s’assit près du corps inanimé de son fils, le prit dans ses bras, le serra contre son cœur, et expira. Ce fut en cet état que, le lendemain, les deux cadavres furent trouvés par le digne curé, seul ami qui restât à ces infortunés.
Le meurtrier, livré à la justice, fut absous comme s’étant trouvé en cas de légitime défense!
COBÆA.—Plante grimpante dont le beau feuillage vert couvre admirablement les berceaux des jardins, ou forme des tonnelles de l’aspect le plus pittoresque. De juin en septembre, fleurs jaunes et violettes, très-belles, mais qui sont presque aussitôt fanées qu’épanouies. C’est encore une des consolatrices du pauvre; c’est aux fenêtres des mansardes et des greniers qu’elle se montre le plus communément. Elle ne demande pas plus de soins que la capucine, sa compagne ordinaire.—Terre franche. Multiplication par graines semées en place; arrosements fréquents.
COLOQUINTE.—Cette plante annuelle, de la famille des cucurbitacées, n’est remarquable qu’à cause de la bizarrerie de son fruit, qui est fort gros, et affecte la forme d’une bouteille, d’une massue, d’une poire, d’une boule, etc., fruit qui, étant vidé, desséché, peut servir à plusieurs ouvrages domestiques.—Multiplication par graines semées vers le milieu de mars, sur capot et sous cloche; arrosements fréquents. Lorsque la tige a acquis une certaine étendue, on la pince à l’extrémité, afin que le fruit grossisse. Ce fruit doit être recueilli en septembre.
CORBEILLE DORÉE.—Plante à racines fibreuses, donnant, en mai, de petites fleurs réunies en bouquets d’un beau jaune doré.—Terre franche. Multiplication par graines, et mieux par éclats faits en automne.
COURONNE IMPÉRIALE.—Plante à oignons, dont les larges et belles fleurs, ordinairement d’un beau rouge, paraissent en avril, et forment une couronne à un ou deux rangs au sommet de la tige.—Terre franche; beaucoup d’eau. Multiplication par graines, et mieux par caïeux, séparés de l’oignon tous les trois ans, en mai ou juin, et replantés aussitôt.
CROCUS ou SAFRAN PRINTANIER.—Plante à oignons, donnant, en février, des fleurs de diverses couleurs, selon la variété.—Terre franche; arrosements fréquents. Multiplication par caïeux détachés, en mai ou juin, tous les trois ou quatre ans, et replantés sur-le-champ.