Me dira-t-il pourquoi la tendre sensitive
Se flétrit sous nos mains, honteuse et fugitive?
Personne ne l’a dit, mais peut-être le dira-t-on quelque jour. En attendant nous dirons, nous, que la sensitive est un arbuste indispensable dans un parterre.—Terre de bruyère, peu d’eau; en serre dès les premiers froids.—Multiplication par boutures, marcottes et rejetons.
SEPTAS.—Plante à racines tubéreuses, originaire d’Amérique, mais naturalisée depuis longtemps dans notre climat.—En août, fleurs rouges en ombelles, blanches à l’intérieur.—Terre de bruyère, peu d’eau.—Multiplication par bulbes levées en octobre et mises en vente vers le milieu de mars.
SILÈNE.—C’est au genre de cette fleur qu’appartient l’attrape-mouche dont nous avons dit les propriétés dans la [Botanique]. A l’exception de cette sensibilité que les diverses espèces possèdent à un degré plus ou moins élevé, les silènes sont des fleurs qui n’ont rien de remarquable. Rouges ou blanches, selon la variété, ces plantes fleurissent en juin, sont annuelles et se multiplient par graines semées au printemps, en terre franche. Elles sont inodores, une seule exceptée, dont les fleurs sont d’un rouge vif, et qu’il faut mettre en pot afin de pouvoir la rentrer en hiver, cette espèce étant vivace.
SILPHIUM.—Plante vivace dont la fleur, qui s’épanouit en septembre, ressemble à celle des soleils. La tige de quelques silphiums atteint une hauteur de six mètres; mais cette fleur n’est remarquable que par son étendue.—Terre franche; arrosements modérés.—Multiplication par éclats de racines et plus sûrement par graines semées au mois d’avril.
SOLDANELLE.—C’est une petite plante des Alpes qui réunit deux avantages: elle est vivace et fleurit en mars, c’est-à-dire à l’époque où la terre est encore presque nue. Ses fleurs, rouges ou blanches, selon la variété, sont d’un effet très-agréable bien qu’elles soient petites. N’est-il pas naturel de se sentir quelque préférence pour ces pauvres petites fleurettes que font éclore les premiers rayons du doux soleil de printemps, et qui viennent les premières égayer nos regards et nous annoncer une vie nouvelle, au risque d’être anéanties avant le temps par le terrible vent du nord, qui se fait encore si fréquemment sentir à cette époque?... De grâce, Mesdames, ayez un peu de pitié pour ces petites audacieuses; donnez-leur une terre légère mêlée d’un peu de terreau; placez-les à l’exposition du midi, afin que le soleil qu’elles aiment les vivifie, et recueillez leur graine en avril ou mai pour la semer en octobre, en pots, afin de pouvoir les rentrer pendant les plus grands froids. Les soldanelles peuvent aussi se multiplier par éclats de racines.
SOLEIL.—Grande et belle plante annuelle, dont les fleurs jaunes, radiées, commencent à se montrer dans les premiers jours d’août, et n’ont pas moins, quelquefois, d’un mètre de circonférence, tandis que la tige s’élève à une hauteur de trois à quatre mètres. Cette fleur, comme presque toutes les autres, semble suivre le cours du soleil et se tourne de manière à en recevoir constamment les rayons.
Il est peu de plantes plus majestueuses que celle-là, et pourtant on la dédaigne, elle est souvent exclue des parterres où sont admises une foule d’autres qui sont bien loin d’avoir son éclat et sa majesté. D’où vient cela? Serait-ce que le soleil est une fleur inodore? Mais la tulipe, le dahlia ne sont pas plus favorisés sous ce rapport, et le dahlia, la tulipe, exigent des soins dont le soleil se passe parfaitement.—C’est, dit-on, une plante vulgaire...—Vulgaire, pourquoi? Comment! vous osez faire un crime à cette immense corolle si justement appelée soleil, de sa facilité à naître, à grandir? Il est vrai que pour une belle elle se contente de peu; un coin de cour dépavé lui suffit; que l’on jette une graine, en avril, à la place du pavé absent, c’est assez. Eh bien! c’est là, il nous semble, être belle et bonne à la fois, qualités qui se trouvent, hélas! trop rarement réunies... A ces causes, Mesdames, nous vous demandons grâce pour cette belle fleur; vous lui consacrerez quelque superbe territoire, trois ou quatre fois grand comme la main; vous l’arroserez peu ou point, et vous en recueillerez, vers la fin de septembre, la graine, grosse, abondante et délicieuse, dont vous pourrez faire d’excellent orgeat pour vos soirées.
SOUCI.—Fleurs jaunes paraissant à la fin d’avril. C’est une plante peu remarquable; mais sa culture est facile, et elle jette de la variété dans un parterre. On la multiplie par graines semées en mars sur une terre franche, et recouvertes d’un peu de terreau.—Deux espèces, l’une jaune safranée; l’autre blanche, qui a la singulière propriété de se fermer lorsque l’atmosphère est humide.—Même culture pour toutes deux.