Nous éviterons ici, comme précédemment, les termes scientifiques qui n’ajoutent rien à la connaissance des choses, et qui n’auraient d’autre résultat que de faire grimacer de jolies bouches. Qu’importe, en effet, que l’on sache que les savants nomment monophylle le calice qui se compose d’une seule pièce, et polyphylle celui qui en a plusieurs? Qu’importent les supères, les infères, les embriqués, les caliculés, etc., qui n’indiquent que des modifications insignifiantes?
Le calice a beaucoup d’analogie avec la feuille, non-seulement par sa forme, mais encore par sa contexture et les fonctions qu’il remplit. On y remarque des nervures, des trachées, etc., absolument comme dans la feuille, et dans quelques fleurs même, le calice se transforme en véritables feuilles; enfin, comme les feuilles, il absorbe et exhale certains fluides.
Corolle.—C’est la corolle qui continue la beauté de la fleur: grâce, coloris, parfum, tout lui est réservé. Comme le calice, elle peut être formée d’une seule ou de plusieurs pièces; c’est ce qui a fait croire à plusieurs botanistes qu’elle n’était qu’une modification du calice; plusieurs ont même confondu le calice et la corolle, grossière erreur, relevée à bon droit par les savants naturalistes dignes de ce nom.
Chacune des pièces qui composent la corolle se nomme pétale; on dit qu’elle est monopétale quand elle est formée d’un seul pétale, et polypétale quand elle se compose de plusieurs. On appelle onglet la partie par laquelle le pétale tient à la fleur, et lame sa partie supérieure. De la base au sommet, elle forme le tube, divisé en deux parties: l’orifice, qui est la partie supérieure, et le limbe, qui comprend toute la partie dilatée.
Hélas! il est bien douloureux de l’avouer, mais l’analyse de cette charmante chose, la corolle, que la nature a si richement ornée, est affreusement aride! Nous lisons dans un ouvrage moderne: «Il est bien fâcheux que l’étude des végétaux nécessite la connaissance d’une multitude de termes dont l’emploi doit souvent précéder la définition.» Oh! oui, cela est fâcheux, cela est déplorable! mais Dieu a voulu qu’il n’y ait pas, sur cette terre périssable, de joie, de plaisir sans mélange... Encore quelques pas dans ce sentier épineux! S’il faut souffrir un peu pour être belles, comme on le dit communément, c’est aussi la condition expresse pour être... non pas savantes, mesdames, mais instruites, ce qui est bien différent! Donc, nous reprenons courage, n’est-ce pas? et nous n’aurons pas une trop grande peur des vilains mots, c’est convenu. Ainsi, j’oserai vous dire qu’il y a six espèces de corolles régulières, savoir:
La campanulée, qui se dilate vers sa base et s’évase en forme de cloches. Exemple: le liseron des champs (fig. 24);
L’infundibuliforme, qui ressemble quelque peu à un entonnoir;
L’hypocratériforme, qui a le tube court, la fleur plane, comme le phlox (fig. 25);
La corolle en roue, dont le tube se voit à peine et qui est dentelée;
La tubulée, dont le tube est allongé et peu ouvert à son orifice;