Le diamètre des fleurs est très-variable: quelques-unes sont si petites qu’elles échappent à la vue; d’autres, comme l’aristoloche d’Amérique, par exemple, ont quelquefois au delà d’un mètre de circonférence. Leur durée, variable aussi, est également très-courte: nées pour accomplir les fonctions de la reproduction, bientôt elles perdent leur éclat, leurs formes s’altèrent, les grâces s’envolent, la jeunesse s’éteint et la maturité commence.
Les fleurs sont sessiles ou pédonculées: elles sont sessiles lorsqu’elles sont posées sur la tige sans intermédiaire; elles sont pédonculées lorsqu’elles sont soutenues par un support plus ou moins étendu qu’on nomme pédoncule; c’est le plus grand nombre. C’est au sommet du pédoncule, qui va s’élargissant, que paraissent les parties de la fructification. Les formes de cet organe sont très-variées: il est droit ou incliné, parfois il se roule en spirale; il peut être simple ou composé de plusieurs parties que l’on nomme pédicelles. Lorsqu’il part immédiatement de la racine, on le nomme hampe. La partie qui soutient les fleurs sessiles ou pédiculées s’appelle axe.
INFLORESCENCE
L’arrangement, la disposition générale des fleurs sur la tige ou les autres organes qui les supportent se nomment inflorescence. Les fleurs sont toujours placées à l’aisselle d’une feuille, mais elles affectent diverses dispositions: les unes sont solitaires, les autres sont réunies plusieurs ensemble. C’est ce qui constitue l’inflorescence simple et l’inflorescence composée, lesquelles se subdivisent en inflorescences qui ont reçu des noms particuliers, tels que ceux de panicule, thyrse, grappe, épi, spadice, verticille, ombelle, corymbe, cyme, capitule. L’inflorescence est panicule lorsque l’axe commun se ramifie, et que ses divisions secondaires sont allongées et laissent entre elles une certaine distance, comme dans les graminées (fig. 17). Le thyrse est une sorte de grappe dont l’axe est très-allongé et dont les rameaux forment de petites cimes. Lorsque le pédoncule commun se ramifie plusieurs fois et régulièrement, l’inflorescence prend le nom de grappe, comme dans le marronnier d’Inde (fig. 18). Lorsque les fleurs sont disposées sur un axe commun, simple, non ramifié, elles forment l’épi, comme le blé, l’orge, le plantin (fig. 19). Dans l’inflorescence spadice, le pédoncule commun est couvert de fleurs sans calice. L’inflorescence est verticille lorsque les fleurs naissent à l’aisselle des feuilles, et forment une espèce d’anneau autour de la tige. Les fleurs sont en ombelle lorsque tous les pédoncules étant égaux, l’ensemble des fleurs présente une surface bombée, telle est la carotte (fig. 20). Dans le mode d’inflorescence appelé corymbe, l’axe central forme une inflorescence terminée et les rameaux latéraux des inflorescences indéfinies, comme dans la millefeuille (fig. 21). Lorsque la fleur terminale est environnée de trois bractées ou plus, et que chaque rameau peut offrir un développement égal au précédent, on nomme cette inflorescence cyme; cette inflorescence est celle de la centaurée (fig. 22). Enfin, on donne le nom de capitule à l’inflorescence qui est particulière aux plantes de la famille des cynanthérées: tels sont le chardon, l’artichaut (fig. 23).
L’inflorescence, en général, peut encore être modifiée par des influences diverses, telles que certains modes de culture: de là résultent les fleurs doubles, pleines et polifères. La culture est aux fleurs ce que l’éducation est aux jeunes filles; elle augmente leur beauté en les douant de grâces particulières, en les préservant de mille dangers, en leur conservant le plus longtemps possible tout leur éclat.
Dans les fleurs doubles, le nombre des pétales est plus considérable que celui que leur avait primitivement donné la nature. Les fleurs pleines sont entièrement formées de pétales. Les fleurs polifères sont celles du centre desquelles naît une seconde fleur semblable à la première. Tout cela est dû à l’art de l’horticulture, et, pour quelques amateurs sévères, ces fleurs devenues si belles ne sont que des êtres monstrueux. C’est là une ridicule exagération, condamnée par la sagesse des nations qui a formulé ce proverbe:
Et toujours la parure embellit la beauté.
Cela n'est pas très-grammatical, mais cela est vrai.
Calice.—Nous avons vu plus haut que la fleur se compose de quatre parties principales; examinons maintenant chacune de ces parties.
Le calice peut être considéré comme le protecteur de la fleur; il se compose d’une espèce d’épanouissement de l’écorce à l’extrémité du pédoncule. Sa couleur est toujours verte, à peu d’exceptions près. Ainsi elle devient jaune dans la capucine, et rouge dans la grenade, mais toujours elle est verte d’abord. Quelquefois il est d’une seule pièce, et quelquefois il est composé de plusieurs qui affectent la forme de petites écailles, comme dans l’œillet. Le plus ordinairement il est de forme cylindrique. Lorsqu’il ne renferme qu’une seule fleur, on le nomme calice propre, et calice commun lorsqu’il en renferme plusieurs; il est simple quand il ne forme qu’une seule enveloppe; double quand il se compose de plusieurs.