Les arbres meurent ordinairement par portions; le plus souvent la mort commence par le sommet; on dit alors que l’arbre est couronné. La racine subit la même altération, dans le même temps, à son extrémité. L’arbre qui est dans cet état peut vivre encore longtemps, mais il ne croît plus.

La décomposition des plantes est un des phénomènes les plus intéressants de la nature; elle présente des différences selon qu’elle s’opère dans le feu, à l’air libre ou dans l’eau.

L’analyse d’un végétal par le feu y démontre la présence de la lumière et du calorique, qui se dégagent entraînant avec eux des matières salines, huileuses; dans cet état, ils constituent la fumée; mais si on les condense dans un tuyau étroit, ils déposent le long des parois une partie des matières qu’ils enlevaient; celles-ci forment la suie, qui contient une huile empyreumatique, du carbone, du fer. Il reste une masse assez considérable qu’on appelle cendres, et qui est une des bases de la terre végétale.

Les plantes exposées à l’air libre se décomposent rapidement: l’eau et l’air qu’elles contiennent déterminent la fermentation, et, par suite, le dégagement des fluides gazeux. Les parties non volatiles, principalement composées de matières salines, forment le terreau, substance très-variable.

Lorsque la décomposition des plantes s’opère dans l’eau, les résultats ne sont plus les mêmes; on obtient alors des produits auxquels on donne le nom de tourbes: les tourbes des marais, presque entièrement formées de jeunes plantes herbacées, mêlées à une certaine quantité de limon, et les tourbes ligneuses, qui constituent la houille ou charbon de terre. Ces dernières sont formées par des masses d’arbres dont plusieurs sont quelquefois assez bien conservés pour qu’on puisse en déterminer l’espèce. Dans la production des tourbes, l’eau est le principal et peut-être le seul agent de la décomposition des plantes, qui sont garanties par ce fluide du contact immédiat de l’air et du soleil.

Ici se termine l’histoire physiologique des plantes; nous avons vu comment elles naissent, s’accroissent, vivent, se reproduisent, meurent et se décomposent; nous les avons vues se mouvoir, veiller, dormir, sentir, aimer, souffrir. Il nous reste à peindre les mœurs de chaque tribu, de chaque famille, leurs goûts, leurs usages, leurs lois; ce sera l’objet de notre seconde partie.

SECONDE PARTIE