Lorsque les blessures ont pénétré jusqu’au cœur du tronc, il s’ensuit un écoulement sanieux qui détermine promptement l’ulcère, la carie, la mort. Ces plaies ne sont pourtant pas absolument incurables, et l’on parvient quelquefois à les faire disparaître par le fer ou par le feu.
De toutes les maladies générales, la mieux caractérisée est l’étiolement, qui a pour cause ordinaire la privation de la lumière. Les plantes atteintes de cette maladie sont faibles, grêles, blafardes. Pour la guérir, il suffit, lorsque le mal n’est pas trop avancé, de rendre la lumière à la plante qui en est atteinte; mais cela ne doit se faire que graduellement: le passage trop brusque d’un état à un autre serait plus nuisible qu’efficace.
La panachure, la jaunisse, qui atteignent un grand nombre de végétaux, sont presque toujours causées par l’abondance de la séve et l’extravasation des sucs.
Le froid exerce une grande influence sur les plantes. Dilatés par la congélation des liquides, les vaisseaux, les tissus cellulaires se déchirent, et le végétal meurt. Lorsque le déchirement se fait du centre à la circonférence, il se nomme cadron; s’il s’opère en séparant l’une de l’autre les couches ligneuses, il s’appelle roulure; si le froid détruit seulement la couche du liber, on nomme la maladie qui en résulte gelivure.
Les pêchers et les abricotiers ont quelquefois leurs feuilles couvertes d’une substance blanchâtre, mielleuse; c’est le résultat d’une maladie nommée meurier ou blanc mielleux. On opère la guérison de l’arbre qui en est attaqué en enlevant les feuilles qui ne sont point dans leur état normal, et changeant la terre au pied de l’arbre.
Les plantes parasites et certains insectes sont très-souvent une cause de maladie pour les plantes.
Les céréales sont sujettes à plusieurs maladies qui leur sont particulières: le froment peut être atteint de la carie, du charbon, de la rouille. La carie attaque l’intérieur du grain; l’écorce en est sèche, et en la rompant, on trouve à l’intérieur une poussière fine, noire et fétide.
Une espèce de champignon microscopique, nommé uredo segetum, réduit les semences en une poussière d’un brun verdâtre; c’est la maladie nommée charbon. Un autre champignon microscopique, l’uredo linearis, donne naissance à la rouille. Le seul préservatif contre les diverses maladies des céréales consiste à secouer les plantes au moyen d’une corde tendue, que deux hommes, séparés par le champ, promènent sur toute sa superficie. Cette opération suffit pour détruire, au moins en grande partie, les germes de ces maladies.
La cloque ou roulure des feuilles provient de la piqûre d’insectes; les bédéguars, pelotes filamenteuses qui se trouvent sur les rosiers, les galles arrondies des chênes, la laque, la cochenille, n’ont pas d’autre cause.
Après avoir langui pendant un temps, la vie s’éteint entièrement dans le végétal; il devient la proie de tous les agents extérieurs, qui le décomposent entièrement.