Les habitants des comtés de Dorset et de Somerset se plaignaient de même de ce que le shériff de ces comtés leur avait pris «cynk centz quarters de furment et trois centz bacouns, à l'oeps le roi, come il dist, et il ne voillast pur sa graunt meistrie et seigneurie allower pur vintz quarters fors qe dis deniers, là où il vendist après pur XV deniers. Par quey vos liges gentz sount grauntement endamagé et vous, chier seigneur, n'estes servy des blées et des bacounes avauntditz....» (4 Éd. III, Rotuli parliamentorum, t. II, p. 40.)
Pétition des communes au Bon Parlement de 1376: «Item prie la commune qe come le roi de temps passé et ses progenitours, nobles princes, soleient avoir lour cariage, c'est assaver chivalx, charietz et charettes pur servir leur hostiel: et ore les purveours de l'hostel nostre dit seigneur le roi pur défaut de sa propre cariage et de bone governance prenont chivalx, charietz et charettes des povres communes, la environ par X leukes où le roi tient son hostel, si bien des gentz de loigne pays par XXIIII leukes ou LX passantz par la chymyne come des gentz demurrantz en mesme le pays, en grande arrerissement et poverisement des dites communes....» (Rotuli parliamentorum, t. II, p. 351).
Plainte du clergé d'être soumis lui-même aux exactions des pourvoyeurs (1376): «Item provisores et ministri regis pro provisionibus regiis faciendis feodum et loca ecclesiastica, invitis viris ecclesiasticis seu eorum custodibus non intrent, nec animalia aliaque res et bona inde auferant, prout fecerint et faciunt nunc indies, contra ecclesiasticam libertatem et constitutiones sanctorum patrum et statuta regni edita in hac parte. Nec in via extra feoda et loca predicta predictorum virorum cariagium carectave capiant vel arrestent.»
«Resp. Le roi le voet.» (Rotuli parliamentorum, t. II, p. 358).
Les mêmes abus existaient en France et on peut lire dans le recueil d'Isambert de nombreuses ordonnances conçues exactement dans le même esprit et répondant aux mêmes plaintes: ordonnances de Philippe le Bel en 1308, de Louis X en 1342, de Philippe VI qui veut que «preneurs pour nous» ne puissent prendre que s'ils ont «lettres nouvelles de nous», ce qui suppose l'existence de faux pourvoyeurs comme en Angleterre. Jean renouvelle toutes les restrictions de ses prédécesseurs, 25 décembre 1355.
(10) LES TOURNÉES DES MAGISTRATS ET FONCTIONNAIRES ROYAUX (p. [51]).—.... «Nec liceat alicui vicecomiti vel ballivo tenere turnum suum per hundred' nisi bis per annum.» (Fleta, liv. II, ch. LII.) Le peuple redoutait beaucoup les abus qui pouvaient se produire sur ce point: Pétition des communes au Bon Parlement de 1376: «Item où de ancien temps ad esté custume qe les presentours dussent présenter les articles du lete et de vewe de frank plegg tan soulement deux foitz par an, les baillifs avaunt ditz fount les povres gentz et les husbandes de pais, qeux dussent travailer en leur labours et leur husbandriez et pur le commune profit, venir de trois semaignes en trois à lour wapentachez et hundredez, par colour de presentement avoir, et rettent leur labours et leur husbanderiez au terre, sinoun q'ils leur veullent doner tiels ransons et fyns q'ils ne purront sustener ne endurer....
«Resp. Il y ad estatutz suffisamment.»
D'autres fois, les communes font observer que les visites du juge errant sont, pour les habitants, une cause de trouble et de dépense tout à fait insupportable en temps de guerre; le roi supprime pour la durée de la guerre les tournées des magistrats, sauf dans le cas où il se produirait quelque incident «horrible»:
«Item, priont les comunes au roi leur seigneur q'il ne grante en nulle partie du roialme eire ne trailbaston durante la guerre, par queux les communes purront estre troblez ne empoverés, fors qe en horrible cas.
«Resp. Le roi le voet.»