Elle lui parut plus pâle que jadis, avec des yeux plus grands.
Elle eut un sourire un peu dolent et répondit, d'une voix tremblée: Je ne suis pas bien portante depuis longtemps déjà, mais je vais plutôt mieux. Le médecin assure à mon oncle que je n'ai pas de lésions et que je me remettrai avec de la chaleur et du beau temps.
—Et il va bien ton oncle? demanda André avec un peu d'hésitation.
Elle inclina légèrement la tête.
A bout de paroles, André ressaisit les papiers et il essaya de défaire le nœud qui les liait. Il s'écorna les ongles sans réussir. Berthe se déganta et, un peu rouge, détortilla le fil.
—Ah! ce sont des devis et un plan… Et il se plongea le nez dans les pièces qu'il ne put parvenir à lire. Les lettres et les chiffres lui dansaient devant les yeux et le plan qu'il tenta d'examiner lui troubla la vue avec ses larges places qui lui semblèrent se soulever et déborder des liserés de couleur qui les ourlaient.
—C'est très bien, dit-il; et après un assez long intervalle, il poursuivit, bredouillant un peu: C'est Désableau qui t'a engagée à acheter cette maison? du reste, ça se conçoit.
Et il ajouta avec une certaine acrimonie: Il a toujours aimé à profiter de la campagne des autres?
Mais elle défendit son oncle.
Non, il n'était ni un homme intéressé, ni un égoïste comme André le croyait et elle ne pouvait accuser ni sa sollicitude, ni sa tendresse. Lui et sa femme la traitaient comme leur propre fille, sa tante surtout, et elle continuait à débiter l'éloge des Désableau qu'André écoutait, l'air peu convaincu et la mine pincée.