Ou que Fouquet qui tant eut gloires siennes,
Ne que Poyer, Rogier, Hugues de Gand
Ou Johannes qui fut tant élégant.
[5] Paris, Michel Lenoir, 1504, très-petit in-fol. goth.
[6] Publiée avec la Légende des Vénitiens. Lyon, Jean de Vingle, 1509, & Paris, Geoffroy de Marnef, 1512.
[7] Mariette l'avait déjà transcrite dans son Abecedario, en notant soigneusement les détails donnés par Lemaire sur Jehan Perreal. Abecedario, t. IV, p. 113. Elle a été reproduite depuis par M. de Laborde.—La Renaissance, t. I, p. 161.
Le premier qui est invoqué ici après les anciens est Simon Marmion, de Valenciennes, peintre, miniaturiste & écrivain, que nous connaissons déjà par quelques comptes, qui, en 1453, fit un tableau pour le plaidoir de l'Hôtel-de-Ville d'Amiens[8], &, en 1466, fut occupé à «ystorier & mettre en fourme» un bréviaire pour le duc de Bourgogne[9]. Il mourut en 1489, à Valenciennes, où Molinet composa son épitaphe. Après viennent deux Français: Jehan Fouquet, le plus connu maintenant de tous nos peintres gothiques[10], & Jehan Poyer ou Poyet, enlumineur & historieur des Heures d'Anne de Bretagne[11]; les trois autres sont des Flamands bien connus: Rogier Van der Weyden, de Bruges ou de Bruxelles, Hugo Van der Goes, de Gand, & Hans Memling. Le nom de Johannes conviendrait aussi à Jean Van Eyck, qui souvent n'a pas d'autre désignation que ce prénom latin, ainsi qu'on le voit sur ses tableaux, sur sa tombe dans l'église de Saint-Donat, à Bruges, dans les comptes des ducs de Bourgogne & dans les inventaires de Marguerite d'Autriche. Mais ici nous croyons qu'il peut s'appliquer à Jean Memling, qui venait de mourir en 1499, & dont la réputation avait même éclipsé celle de son maître. Il se pourrait aussi que l'auteur les confondît tous deux; il y en eut bien d'autres confondus sous ce nom de Jean, le plus commun parmi les peintres du quinzième siècle, parce que saint Jean était, après saint Luc, le patron le plus fréquenté de leur confrérie.
[8] Recherches historiques sur les ouvrages exécutés dans la ville d'Amiens pendant les XIVe, XVe & XVIe siècles, par H. Dusevel. Amiens, 1858, in-8, p. 25.
[9] Les ducs de Bourgogne, par M. de Laborde, t. I, p. 496.
[10] M. le C. de Bastard. Peintures & ornements des manuscrits, Paris, 1835, gr. in-fol., & les Manuscrits français de la bibliothèque du roi, par M. P. Paris. Paris, 1838, in-8, t. II, p. 265.—De Laborde, la Renaissance des Arts, t. Ier. Paris, 1850, in-8, p. 155.—Vallet de Viriville, Revue de Paris, 1er août 1857, t. XXXVIII, p. 409.