Tira jadis Jean Lemaire belgeois
Qui l'âme avait d'Homère le gregeois.
(Epître à Madame de Soubise. Œuvres de Clément Marot. La Haye, 1731, 6 vol. in-12, t. II, p. 183.)
Dans le plus ancien de ses ouvrages, le Temple d'honneur & de vertu[5], qui est une déploration de la mort du sire de Beaujeu adressée à Madame Anne de France, l'auteur parle des encouragements qu'il avait reçus de Jehan de Paris «qui par le bénéfice de sa main heureuse, dit-il, a mérité envers les roys & princes estre estimé un second Appelles en paincture.» Vers le même temps, en composant une autre complainte sur la mort de Louis de Luxembourg, comte de Ligny, qui eut lieu en 1503, sous le titre de la Plainte du désiré[6], il mit en scène la Peinture & la Rhétorique pour chanter alternativement les louanges du prince. Au milieu du fatras qui sert de discours à la Peinture, on a remarqué une tirade[7] où passent les noms des peintres les plus célèbres que peut trouver le poète: d'abord ceux qui étaient déjà morts, mais dont la réputation était encore entière, puis ceux qui vivaient en Flandre, en Italie & en France:
J'ay pinceaux mille & brosses & ostils
Et si se nay Parrhase ou Appelles
Dont le nom bruyt par mémoires anciennes
J'ay des esprits récents & nouvellets
Plus ennoblis par leurs beaux pincelets
Que Marmion iadis de Valenciennes