TABLE

[INTRODUCTION]
[I.]—La piste de la viande
[II.]—La louve
[III.]—Le cri de la faim
[IV.]—La bataille des crocs
[V.]—La tanière
[VI.]—Le louveteau gris
[VII.]—Le mur du monde
[VIII.]—La loi de la viande
[IX.]—Les faiseurs de feu
[X.]—La servitude
[XI.]—Le paria
[XII.]—La piste des dieux
[XIII.]—Le pacte
[XIV.]—La famine
[XV.]—L'ennemi de sa race
[XVI.]—Le dieu fou
[XVII.]—Le règne de la haine
[XVIII.]—La mort adhérente
[XIX.]—L'indomptable
[XX.]—Le maître d'amour
[XXI.]—Le long voyage
[XXII.]—La terre du Sud
[XXIII.]—Le domaine du dieu
[XXIV.]—L'appel de l'espèce
[XXV.]—Le sommeil du loup


[INTRODUCTION]

JACK LONDON

QUELQUES MOTS SUR SA VIE ET SON ŒUVRE

Il est le Gorki américain. Comme le célèbre Moscovite, avec des réactions différentes tenant à la diversité des races, il connut les pires misères physiques et morales. Comme lui, il se redressa là où bien d'autres ont sombré et trouva le moyen de jeter sur le papier une œuvre originale et puissante, d'une vie intense, qui a été traduite à peu près dans toutes les langues, notamment en allemand, en suédois, en hollandais, en norvégien et en russe.

Il naquit à San-Francisco, en 1876. Son père, John London, exerçait en Californie le métier de frappeur. Il allait et venait dans le «ranch» et se louait, entre temps, comme gardien de ferme ou de bestiaux. Les atavismes les plus variés se croisaient et se superposaient dans le sang de la famille. Des Anglais, des Gallois, des Hollandais, des Suisses, des Français et des Allemands, six races au total, y avaient fusionné. Tous gens hardis et rudes, gens d'action et gens d'aventure, gens dépourvus des préjugés sociaux du vieux monde, qui avaient secoué derrière eux, sur le sol de leur patrie, la poussière de leurs souliers et s'en étaient venus, par delà l'Atlantique, interroger la vie et tenter un sort meilleur.

Le petit Jack était le dernier de la lignée, la dernière pierre qui allait rouler à son tour, en de rudes et chaotiques soubresauts.

Personne, sur le ranch, ne lui enseigna à lire ni à écrire. À cinq ans, il avait, seul, appris l'un et l'autre. Ses parents se décidèrent à l'envoyer dans une école, durant les quelques loisirs que lui laissait le travail manuel. Car, dès l'âge de huit ans, ils l'avaient engagé comme garçon de ferme. C'était, au demeurant, une école peu ordinaire. «Les élèves, nous a-t-il conté, étaient assis dans la classe, chacun devant un pupitre. Mais, le plus souvent, le magister était ivre. Alors tout le monde était debout et les plus âgés de nous battaient le magister. Celui-ci prenait sa revanche sur les plus jeunes et les rouait d'autant de coups qu'il en avait lui-même encaissés. Oui, vraiment, c'était là une belle école!»