—Étranger, je n'ai pas pour habitude de me mêler des choses que je ne saurais faire. Je serais impuissant à ouvrir ce cadenas.
—En ce cas, ôtez-vous de là et ne m'embêtez pas. Je suis occupé.
Scott avait déjà réussi à insinuer le canon du revolver sur un des côtés de la mâchoire. Il manœuvra, tant et tant, qu'il atteignit l'autre côté. Après quoi, comme il eût fait avec un levier, il desserra peu à peu les dents du bull-dog. Matt sortait, à mesure, de la gueule entr'ouverte, le bourrelet de peau et de poil de Croc-Blanc.
—Préparez-vous à recevoir votre chien, ordonna Scott, d'un ton péremptoire, à Tim Keenan, qui était demeuré debout, sans s'éloigner.
Tim Keenan obéit et, se penchant, saisit fortement Cherokee, qu'une dernière pesée du revolver décrocha complètement. Le bull-dog se débattait avec vigueur.
—Tirez-le au large! commanda Scott.
Tim Keenan et Cherokee, l'un traînant l'autre, s'éloignèrent parmi la foule.
Croc-Blanc fit, pour se relever, plusieurs efforts inutiles. Comme il était arrivé à se remettre sur ses pattes, ses jarrets, trop faibles, le trahirent et il s'affaissa mollement. Ses yeux étaient mi-clos et leur prunelle toute terne; sa gueule était béante et la langue pendait, gonflée et inerte. Il avait l'aspect d'un chien qui a été étranglé à mort. Matt l'examina.
—Il est à bout. Mais il respire encore.
Beauty-Smith, durant ce temps, s'était remis droit et s'approcha.