Il y eut, parmi les assistants, des murmures divers et des colloques. L’empereur interrogea Kim.
Cet excellent homme n’hésita pas à appuyer mes dires et ne craignit pas de mentir en ma faveur.
— J’atteste, dit-il, qu’il parlait notre langue, lorsque je le rencontrai qui sortait de la mer…
Je l’interrompis :
— Que l’on m’apporte, sans plus tarder, des vêtements dignes de moi !
Et, me retournant derechef vers les danseuses :
— Laissez en paix mes esclaves ! Ils viennent d’accomplir un long voyage et sont fatigués. Oui, ce sont là mes fidèles esclaves.
Kim m’emmena dans une autre pièce, où il m’aida, selon le désir que j’en avais exprimé, à changer de vêtements. Puis il renvoya les domestiques et, resté seul avec moi, me donna une brève et utile leçon sur la façon de m’exprimer et de me conduire. Il ne savait pas plus que moi où je voulais en venir. Mais il était, comme moi, plein de confiance.
Je revins dans la Grande Salle et (c’était le plus amusant de l’aventure), tandis que je débitais mon coréen, soi-disant rouillé par ma longue absence du pays, Hendrik Hamel et les autres, qui s’étaient entêtés à ne parler que leur langue depuis leur arrivée à terre, ne comprenaient pas un traître mot de mes paroles.
— Je suis, proclamai-je, du noble sang de la Maison de Koryu, qui régnait jadis à Song-do.