Finalement, elle se mit à rire, d’un rire qui me mettait plus encore l’eau à la bouche, et frappa dans ses mains. C’était signe que l’audience était terminée.
Je vins retrouver Hendrik Hamel, la tête complètement chavirée.
— Ah ! la femme ! prononça-t-il, après une longue et profonde méditation.
Et il me regarda avec un gros soupir d’envie, sur la signification duquel il m’était impossible de me méprendre.
— La femme, oui… reprit-il. Ce sont tes biceps, Adam Strang, c’est ton cou de taureau, ce sont tes cheveux d’or fauve, qui ont conquis celle-là ! C’est de bonne guerre, mon vieux. Pousse à fond ton jeu ! Et, si tu gagnes la partie, tout ira bien pour nous tous. Je vais te donner, si tu le veux bien, quelques conseils supplémentaires, sur la façon de te comporter avec elle.
Je me hérissai. Pour être un simple matelot, je n’en étais pas moins un homme, et je n’avais pas à être dirigé dans mes relations avec une femme. Hendrik Hamel avait pu être copropriétaire du vieux Sparwehr. Il possédait, je l’admets, des connaissances astronomiques, puisées par lui dans les livres destinés aux navigateurs, supérieures aux miennes. Mais, sur le chapitre femmes, il n’avait et ne pouvait avoir sur moi aucune autorité.
Il sourit, les lèvres pincées, et me demanda :
— Aimes-tu réellement Lady Om ?
— Que je l’aime ou non, peu importe ! répondis-je.
Il darda sur moi les perles noires de ses yeux acérés et répéta :