Après le dîner, comme nous étions tous rassemblés dans la cuisine, et tandis que ma mère s’apprêtait à me déshabiller pour me mettre au lit, le missionnaire sortit de sa poche des photographies de la Terre Sainte qu’il nous montra.

Tout à coup — il y a longtemps que je l’aurais oublié, si je n’avais entendu mille fois, par la suite, mon père raconter le fait aux auditeurs ébahis — tout à coup, à l’aspect d’une de ces photographies, je jetai un cri. Après quoi, je la regardai avec ardeur tout d’abord, puis d’un air désappointé.

A la première impression — c’est ce que je répondis quand on m’interrogea — elle m’avait paru tout à fait familière. Aussi familière que si eût été représentée dessus la ferme de mon père. Puis elle m’avait semblé complètement étrangère.

Cependant, comme je m’étais remis à la regarder, l’impression première, d’un lieu bien connu de moi, me revint, et reprit le dessus dans mon cerveau d’enfant.

— La Tour de David… dit le missionnaire à ma mère.

— Non ! m’écriai-je d’un ton assuré.

— Tu prétends que ce n’est pas son nom ? demanda le missionnaire.

Je fis un signe de tête affirmatif.

— Alors, mon petit, son nom, quel est-il ?

— Son nom… commençai-je.