A ces mots, l'aîné prenant la parole:
—C'est donc à moi, mon père, dit-il, que revient votre sceptre; car je suis tellement fainéant, que, le soir, j'ai beau tomber de fatigue et de sommeil, je n'ai pas le courage de fermer mes yeux pour dormir.
Le cadet dit à son tour:
—C'est donc à moi, mon père, qu'appartient votre couronne, car je suis si fainéant, que lorsque je me trouve assis devant le feu, et que je sens la flamme me brûler les jambes, j'aime mieux les laisser rôtir, que de faire un mouvement pour les retirer.
Le troisième reprit:
—Mon père, personne plus que moi n'a droit à vous succéder, car telle est ma fainéantise que si j'étais condamné à être pendu, que j'eusse déjà la corde autour du cou, et qu'au moment d'être étranglé, que quelqu'un me tendit un couteau pour couper la corde, je préférerais subir mon triste sort plutôt que de me déranger pour prendre ce couteau.
Le roi répondit aussitôt;
—C'est à toi que revient ma couronne.
LE CLOU.
Un marchand avait fait de bonnes affaires à la foire; il avait vendu toutes ses marchandises, et bien garni son sac de monnaies d'or et d'argent. Il s'était mis en route vers sa demeure où il désirait arriver ce même jour encore avant la tombée de la nuit. Il cheminait donc à cheval, son lourd portemanteau solidement attaché derrière la selle. Vers l'heure du dîner, il fit halte dans une ville, et lorsqu'il voulut se remettre en route, le valet d'écurie, qui lui amena son cheval, lui dit: