—Monsieur ne sait pas sans doute qu'il manque un clou au fer gauche de derrière son cheval.
—Ne t'en inquiète pas, répondit le marchand, le fer n'en tiendra pas moins pendant les six lieues au plus qu'il reste à faire. Je suis pressé.
Vers l'heure du goûter, il s'arrêta de nouveau pour faire donner l'avoine à sa monture. Le garçon d'écurie ne tarda pas à venir le trouver dans l'auberge.
—Monsieur ne sait pas, sans doute, lui dit-il, qu'il manque un fer au pied gauche de derrière de son cheval. Dois-je le conduire chez le maréchal?
—Ne t'en inquiète pas, répondit le marchand, pour une couple de lieues qu'il me reste à faire, mon cheval se passera bien de ce fer. Je suis pressé.
Il se remit en route. Mais bientôt après le cheval boita; il n'y avait pas longtemps qu'il boitait, lorsqu'il commença à trébucher; il eut à peine trébuché deux ou trois fois, qu'il s'abattit et se cassa une jambe. Le marchand fut obligé de laisser là son cheval gisant, de déboucler son portemanteau, de le placer sur son dos et de regagner à pied son logis, où il n'arriva que très avant dans la nuit.
C'est pourtant ce maudit clou que j'ai négligé de faire remettre, qui a été cause de tout mon malheur, pensait-il en marchant d'un air sombre.
LE PETIT PATRE.
Un petit pâtre s'était rendu célèbre par la sagesse avec laquelle il répondait aux questions qui lui étaient adressées. Le bruit de sa réputation parvint jusqu'aux oreilles du roi qui n'en voulut rien croire, fit venir le petit garçon, et lui dit:
—Si tu parviens à répondre aux questions que je vais te poser, je te regarderai désormais comme mon fils, et tu habiteras près de moi dans mon palais.