Il démêlait sa chevelure avec ses doigts.

(Fac-simile de la gravure de la première édition.—Voir la note p. [101].)

«Biondetta, lui dis-je, prenez un peigne; il y en a dans le tiroir de ce bureau.» Elle obéit. Bientôt, à l'aide d'un ruban, ses cheveux sont rattachés sur sa tête avec autant d'adresse que d'élégance. Elle prend son pourpoint, met le comble à son ajustement, et s'assied sur son siége d'un air timide, embarrassé, inquiet, qui sollicitait vivement la compassion.

S'il faut, me disais-je, que je voie dans la journée mille tableaux plus piquants les uns que les autres, assurément je n'y tiendrai pas; amenons le dénoûment, s'il est possible.

Je lui adresse la parole.

«Le jour est venu, Biondetta; les bienséances sont remplies, vous pouvez sortir de ma chambre sans craindre le ridicule.

—Je suis, me répondit-elle, maintenant au-dessus de cette frayeur; mais vos intérêts et les miens m'en inspirent une beaucoup plus fondée: ils ne permettent pas que nous nous séparions.

—Vous vous expliquerez? lui dis-je.

—Je vais le faire, Alvare.