Il a été tellement riche, avant sa naissance, que jamais il ne s’enthousiasma à poursuivre la fortune ailleurs qu’au jeu ; quitte à s’étonner de ce que sa tiédeur à son endroit ne soit pas récompensée.

Il est coutumier de ce genre de maladresses qui passeraient pour des grâces dans le milieu auquel il était dévolu. La plupart de ses défauts ne sont que des qualités inemployables dans celui qu’il fréquente. Il le sait, mais il y reste parce qu’il s’est levé à midi et qu’il fera bon fumer quelques cigarettes en usant le temps autour du tapis vert.

On lui dit : vous avez encore des illusions, parce qu’il a le visage de ses illusions. C’est chez lui une coquetterie à son endroit que ce visage et c’est son sort de faire de chacune de ses coquetteries une mystification.

Il paraît naïf au premier abord, roué au second. Il n’est vraisemblablement, ni l’un ni l’autre. Mais il se permet quelquefois de l’esprit, comme on met des gants pour aller en visite ou quand il fait froid.

Les habitués du Cercle qui s’en rapportent à leur première impression, et ont la manie des sobriquets, l’ont baptisé Grand-Gosse.

— Avez-vous vu Nom-d’un-petit-bonhomme, lui demanda le Grand-Père ?

— Pas encore, Binoclard et Col-de-Fourrure, à qui il doit quelque argent, l’attendent avec impatience. Le caissier aussi, sans doute, pour le même motif. Quant à Tête-de-Pipe, il a une martingale, bien entendu, à lui proposer.

— C’est un homme très couru. Je souhaiterai le voir, ayant à m’entretenir avec lui.

— Inutile de se demander qui sera l’entretenu.

— Vous avez de ces mots, mon petit !