Ayant présenté au Cercle un jeune filateur roubaisien qui espérait l’être, par la suite, à sa fille, le Grand-Père put disposer de quelque argent. Il fit des folies. Un après-midi, il se décida à rendre à la jeune camériste de Nancy Nangis les 25 francs qu’il lui devait. Mais, comme elle n’avait pas de monnaie, il lui remit un demi-louis « en attendant ». Elle fut surprise et touchée tout à la fois de cet empressement. Il en profita pour prendre l’habitude de lui aller dire un petit bonjour quand sa maîtresse était absente.
Ce soir-là, il venait de téléphoner du Cercle à Chauvert que « leur affaire était en bonne voie », quand Grand-Gosse l’aborda :
— Vous qui avez des relations au music-hall, lui dit-il, vous devriez tâcher de trouver un engagement à Fred Matchless. Celui qu’il avait à l’Alhambra vient d’être résilié. Il se trouve disponible.
— Fred Matchless ? Ah oui ! l’intéressant jeune homme dont vous m’aviez déjà parlé…
— Soi-même… Vous savez que c’est un poteau pour moi.
Le Grand-Père fronça les sourcils :
— Vous ne devriez point, mon jeune ami, employer de ces expressions. Elles ne vous vont pas le moins du monde. Vous me faites l’effet de ces potaches qui disent de gros mots pour s’étonner et étonner les autres…
— Oui, Grand-Père.
— … Quant à ce Matchless, outre qu’il ne faille pas exagérer mon influence dans les music-hall parisiens, avant de le recommander, j’aimerais savoir s’il est recommandable.
— Je vous ai dit que c’était mon poteau.