— Moi, disait l’un, je ne comprends pas les gens qui se servent d’un revolver pour se suicider. S’ils ne se tuent pas sur le coup, quelle boucherie ! La noyade suppose une telle volonté, de telles angoisses aussi avant ! Il en va de même, malgré toutes les plaisanteries d’usage, de la pendaison.
— Rien ne vaut le protoxyde d’azote, le gaz hilarant.
— On s’en va avec le sourire, reprit l’autre.
— Mais il n’est pas facile d’en avoir sous la main, objecta le premier, tandis qu’avec quelques cachets de véronal…
Ils s’entretinrent ensuite de sujets plus futiles. Nom-d’un-petit-bonhomme ne les écoutait plus…
Mais, comme ils s’en allaient, il s’aperçut que l’un d’eux poussait l’autre du coude en le désignant, et, au moment de franchir la porte, ils se retournèrent tous deux vers lui d’un air intrigué…
IX
Ayant quitté le Cercle à cinq heures du matin, aussitôt l’ouverture du Balneum, Grand-Gosse y fut prendre un bain de vapeur, cela lui tiendrait lieu de sommeil. L’eau froide de la piscine le regaillardit. Quand le masseur nègre lui eut passé un peignoir éponge et l’eut étendu sur un divan, les pieds enveloppés, au préalable, d’une serviette chaude, il savoura, quelque temps, le bien-être de ses nerfs ravivés. Puis, le petit déjeuner commandé, fumant sur une petite table de rotin auprès de lui, il y trempa un chiffon de brioche et se prit à réfléchir.
— A quoi emploierait-il bien sa matinée ?
Un grand besoin de tendresse monta en lui. Avant cette nuit passée au jeu, il s’était attardé, hier, en compagnie de Fred, dans ce restaurant de nuit où, par trois fois, il s’était rendu au lavatory, sous l’œil ironique d’une femme aux narines pincées, pour renifler cette cocaïne qui lui donnait une telle assurance.