— J’ai fait une blague… une très grosse blague… Il faut absolument que vous me sauviez… Je n’ai pas d’autre ami que vous…

— En tout cas vous n’en avez pas de meilleur.

— Je le crois.

— Écoutez… j’ai beaucoup réfléchi… Il faut que je prenne le premier train qui partira pour Le Havre… là je me débrouillerai… je m’embarquerai — fût-ce comme soutier — à bord d’un bateau… L’important est d’arriver au Havre et d’avoir quelques sous pour attendre… Auriez-vous…

Le cri des camelots, atténué par le bruit des autobus, leur parvint à nouveau.

— …mation ! …ris-Midi.

Grand-Gosse devint livide.

— … trois cents francs à me prêter ?

Le Grand-Père ne prit pas la peine de montrer son porte-billets qui ne contenait qu’une coupure de vingt francs et une de dix.

— C’est trois cents francs qu’il vous faut ?