— Au moins.

— Venez avec moi.

— C’est que… je suis éreinté… j’étais si bien ici !…

— Nous prendrons un taxi, vous m’attendrez dans le taxi… Allons, venez… il le faut… mon pauvre petit !…

Il coiffa son unique chapeau, un de ces melons gris auquel il était resté fidèle depuis l’ancien Boulevard, et ils descendirent.

Il donna au chauffeur l’adresse de sa fille. Tout le long du trajet, le silence s’appesantit entre eux. A un moment donné, le Grand-Père tapota impatiemment la vitre à moitié relevée de la portière puis, il se replongea, de nouveau, dans ses réflexions.

Pourvu que Nancy n’ait pas eu l’idée de manger chez elle ! Elle avait accoutumé, après sa promenade au Bois qu’elle faisait, d’habitude, de dix heures à midi, tous les matins, avec ses deux bergers allemands, d’aller déjeuner aux Ambassadeurs… Mais, il suffisait que… Il avait tellement de guigne dans la vie !…

— Je vais vous expliquer ce qui s’est passé, Grand-Père… mais, promettez-moi de ne pas m’en vouloir… A vous, je peux tout dire, n’est-ce pas ?… C’est cette coco d’où est venu tout le mal…

— Ne me dites rien, mon enfant… D’ailleurs nous sommes arrivés… Écoutez-moi bien : quand je serai rentré dans la maison devant laquelle nous allons arrêter, vous irez au café d’en face. Là, vous attendrez quelques minutes, puis vous demanderez, au téléphone, Mademoiselle Nancy Nangis. C’est sa femme de chambre qui viendra probablement à l’appareil.

— Que faudra-t-il lui dire ?