Séances, hier, aujourd’hui. Elle pose assez bien, la robe crème est bien, avec les mousselines de soie, près de la gorge. Nikko est venu ce matin, il a passé le temps de la séance, en face de moi, assis, me fixant. C’est odieux, Lucia me faisait des signes qui voulaient dire: Prends garde; il est jaloux.
De quoi, mon Dieu?
Il se taisait. Quand elle se lève pour venir voir le pastel, elle passe son bras autour de mon cou, mon cœur bat. Le Polonais s’agite. Tout cela est trop bête! Mais me trouble, m’irrite. Le mauvais pastel que je devrai signer!
15 mars.
Nous sommes de nouveau dans la folie. Le Polonais assiste aux séances, un pistolet dans sa poche. Hier, on dit qu’il a tiré sur Jean. Je suis sûr que Lucia prépare ces comédies. Il ne faut pas que cela tourne au drame. Passy commence à se douter de la crise...
Le dénouement.
(Lettre de Georges à la Princesse.)
Madame,
Ma dignité m’oblige à me retirer. Vous avez méconnu, j’en ai peur, un artiste pour qui vous étiez tant, qu’il ne saurait choisir un mot pour vous qualifier. J’ai de vieux parents à qui je me dois et dont votre charme m’éloigna. J’ai, pour vous, supporté toutes les brimades de vos fidèles. La balle du pistolet m’a frôlé et, dans un grand éclat de rire, vous avez dit: raté! Le portrait l’est aussi. Je ne serai pas plus longtemps ridicule. L’Art m’appelle ailleurs.