Je vous prie d’agréer mes plus respectueux hommages, mes regrets profonds, mon adieu.

Georges Aymeris.

P.-S.—Vous devez, madame, le prix de votre abonnement à 10 exemplaires de la Revue Mauve de mon ami Darius. Trois mille francs!

(Le même soir.)

Ma lettre à la Princesse est complètement grotesque. J’y fais allusion à «mes vieux parents», et j’invoque l’Art comme Brédius la Morale. Complètement ridicule. Je deviens plus ridicule encore à partir de ce soir. Et Darius m’a fait mettre un post-scriptum honteux. Quel goût! ô éducation! Voyons, réfléchissons: le modelé du visage était «endêvant», comme disait Nou-Miette; plus rien à sa place, ça dégringole. Pour la peinture, il est trop tard! Mais, pour une autre fin...? Ah! je devenais un vrai «pourceau». Je crois que je vais me marier. Mais je ne veux pas être choisi par les parents d’une personne...

Georges sentit la menace d’une crise semblable à la précédente; il s’en confessa, et Maillac l’obligea à rompre, par pitié pour M. et Mme Aymeris. Le professeur Blondel, qui n’avait plus jamais fait allusion à la Princesse, écrivit ce simple mot à Georges:

«Bibi, tu t’es mal conduit avec Mme Peglioso. Prends garde, ne va pas dans le monde. Tu y es mal jugé, les «Monstres» te revaudront cela. Il faudra que j’en dise un mot à ta mère, qui n’a cessé, depuis trois ans, sans que tu le saches, de me demander où tu en étais avec la Princesse. Tâche de comprendre que ce n’est pas ainsi que se conduit un gentleman. Tu es en train de te fermer tous les salons de Paris.

Ton vieil ami,

Blondel.»