Georges et moi étions presque du même âge, ce que j’avouai à cette femme.
—C’est vrai? M. Aymeris paraît beaucoup plus vieux que vous, sir, avec votre permission.
Je ne pus rester pour l’enterrement de Lady Dorothy. D’ailleurs les obsèques sont à peine un semblant de cérémonie, en Angleterre, et se célèbrent sans invitations. Une note dans le Journal en tient lieu.
Georges m’écrivit à la fin de Juillet:
«... Mon premier voyage, à cause des vacances de James, sera au «Pays noir», où je compte faire des études dans les mines et les fabriques. Mon amie désire y aller aussi; elle est plus libre de ses mouvements, étant désormais seule avec ses sœurs. J’espère que mes ennemis ne me poursuivront pas jusque dans le village où la chère Cynthia a pris pour elle et ses sœurs, une maison... Peut-être suis-je à la veille du jour tant souhaité...»
Alors je perds de vue Aymeris. Le lecteur pourra, à sa guise, imaginer cet été-là dans la campagne anglaise; quant à moi, je vois le peintre peignant entre son fils et Cynthia. Heureux, calme, il réalise son idéal et, au moment où il croit atteindre le «jour tant souhaité», Mrs Merrymore regrette de s’être trop approchée d’Aymeris.
Nous allons suivre désormais les événements de sa vie, dans ses lettres, et les pages que j’ai fait copier dans le Journal de mon ami.
(Lettres de Georges en voyage)
Florence, novembre 1909.
Villa Epicuria.