Le 30 juillet 1914, André Gide, qui m’avait encouragé dans mon dessein, venait à Offranville afin de prendre possession du manuscrit et de me faire signer un contrat avec une maison d’édition. Ç’allait être la mobilisation. Gide me conseilla d’enfouir Aymeris—encore inachevé—dans un tiroir, de ne plus songer qu’à la guerre. D’où les Cahiers d’un artiste.

C’est après le 11 novembre 1918, que je déficelai le paquet formé par quatre cents feuilles de copie; j’y ajoutai les quelque trente dernières du présent volume. Tout ce que Gasquet et moi avions prévu était alors chose accomplie. Nous entrions dans un monde nouveau où Georges Aymeris chercherait en vain sa place.

Cet ouvrage paraît trois ans plus tard qu’il ne l’aurait dû. Sans Joachim Gasquet, j’eusse peut-être renoncé a le présenter en entier au public qui en connaissait les longs fragments publiés par le Mercure de France et par la Revue Hebdomadaire.

Les illustrations dont s’accompagne cette histoire, je les ai exécutées dans le goût de l’époque de Georges Aymeris; pour l’Angleterre, m’inspirant de Leech, de Charles Keene, de George du Maurier.

J.-E. B.


1.
Jessie