3 heures du matin.

Quelque jour, je la jetterai à terre, dans une de mes colères d’imbécile, je lui casserai ma canne sur le dos, elle s’expliquera...

7 août.

Je me sens devenir furieux, je ne me reconnais plus: parfois je me demande ce qui se passe entre le professeur et elle; et son chapelain? Qu’est-ce qui se passe?... Hier, j’ai écrit qu’elle était bonne. Elle est pleine de cruauté.

Trop longtemps Blondel a remis, pour me présenter; et qu’a-t-il fait en me lançant dans ses bras, ce jour de printemps où j’ai perdu la tête? A-t-il perdu la tête, lui aussi? Ou voulu l’amuser, ou encore pire? Ou plutôt—j’y suis!—m’exciter parce qu’il ne sait aucune de mes histoires. Les vieillards devraient laisser les jeunes gens dans leur mystère et leur réserve de lévite. Ces choses-la ne regardent pas les ancêtres, ils n’ont qu’à se préparer pour la mort.

Ce tutoiement, comme de nourrisson à nurse, ces attouchements du professeur, devant moi, et toujours cette excuse macabre: le privilège de l’âge canonique! Je n’y comprends rien. Je ne retournerai plus à Paris avant la rentrée. Les allusions de Lucia à papa et à Mme Demaille, intolérables. J’y repense! Je regarde maman, papa, Mme D. et c’est angoissant (rétrospectivement), mais odieux tout de même.

Le soir.

Les camarades du passage Geoffroy se ficheraient de moi. C’était, peut-être, une de ces farces que les femmes jouent à leurs amants. Pareille chose doit arriver souvent. Mais... amant? Quand on aime, l’on est, ou bien très susceptible, ou alors on accepte tout... Dois-je faire semblant de rire?

Quand on aime, comme j’aime, on ne sait plus rire. Je suis bien malheureux. On ne peut pas être plus malheureux! Et puis, ça me monte le long de l’épine dorsale, ça gagne ma tête. C’est horrible! C’est horrible, ne nous trompons pas...