Dans ce même esprit:
Les élections municipales. L'éloquence parlementaire. Les nouveaux ministres. Vétérans de la démocratie: «Je viens humblement, monsieur le Ministre, solliciter…»
Sous Casimir Périer. Une gentille petite République console un rude travailleur mécontent:
«Que veux-tu qu'j't'dise?… C'est fait. Mais avoue toi-même que Brisson n'aurait pas été rigolo?»
La même dit au Président Périer: «J'ai eu très peur, on m'avait dit que vous étiez du Jockey-Club.»
«Le panmuflisme» écrit Forain, dégoûté de certaines bêtises… puis il passe. Dans cette série de Doux Pays (décembre 1894) c'est un prélude à l'affaire Dreyfus. Un Alsacien, à la frontière avec ses deux bébés, regarde arriver des militaires français; il leur crie: «Bravo!»
Sous Félix Faure. Le Président dit à son valet de chambre: «Allez me chercher le tailleur de monsieur Carnot.» Sur le retour de Rochefort: des gardiens de la paix, maintenant une foule grelottante, brandissent de gros bouquets pour l'écrivain populaire: «Parlez plus bas, monsieur le Député, nos hommes ne votent pas», dit le brigadier.
«—Mon cher ministre, un électeur a été provoqué par la vue d'un prêtre en uniforme. Aussi comme le député est vénérable de notre loge, je vous demande les palmes pour ce courageux citoyen.»
Le grenier de la mairie du Havre: des bustes de Louis-Philippe, Napoléon III, Thiers au milieu de souliers éculés et de vieilles culottes: «Tout passe, tout lasse, tout casse!»
Les fêtes de Kiel, juin 1895: la jeune République, dans un manteau qui est la carte de France, montre de son éventail d'invitée, la flotte allemande: