En ce moment, les valets, ouvrant toutes grandes les portes de la salle du festin, annoncèrent que le dîner était servi (car alors on dînait à dix heures).

Chacun prit sa femme par la main, et les dames toutes raides dans leur corps de velours et leur vertugadin, faisaient de grandes révérences à leur cavalier, avant de prendre place.

Le dîner fut magnifique et si long!

Quinze services se succédant, à la mode de ce temps en Languedoc.

On commençait par des potages, on suivait l'ordre ordinaire, et quand le dîner semblait achevé, moins le dessert, on recommençait à servir les potages, les entrées, les rôts et cela ainsi jusqu'à trois fois.

Quand enfin on daigna apporter le fruit, les compotes, les confitures et les bonbons, il y avait quatre heures que les invités étaient à table.

Les vins de Roussillon avaient enflammé ces cervelles méridionales, et la plus franche gaieté animait tous les convives.