«Nous vous recevrons le mieux du monde, répondit Riquet, enchanté de cette perspective de la visite du fils de Colbert, de l'homme puissant qui pouvait tout pour son œuvre et dont il sentait les dispositions changées et un peu hostiles, depuis quelque temps.
»Madame de Riquet pourvoiera à tous les détails de votre installation, et je vous attends avec joie dans notre thébaïde; amenez le;» écrivait-il à M. de Clerville.
En effet, en novembre M. de Seignelay fit annoncer son arrivée.
Riquet alla au devant de lui jusqu'au bas de la montagne, à la tête de tous ses employés, la plupart à cheval comme lui, et l'amena, en grande pompe, au nouveau village.
On peut appeler ainsi l'agglomération à Saint-Fériol, car les bâtiments qui entouraient le bassin formaient par leur groupement un ensemble imposant, et la population d'employés et d'ouvriers, rassemblés là au nombre de quatre à cinq mille, lui donnaient l'importance d'une ville.
Des ouvriers, pour éviter les longues descentes chaque soir soit à Mont-Ferrand, soit aux environs, avaient construit de petites huttes où ils vivaient avec leur famille.
Au bruit des éclats de la poudre et des acclamations des ouvriers, M. de Seignelay fit une entrée triomphale à Saint-Fériol.
Il témoigna autant de surprise que d'admiration de l'ordre et de la discipline qui paraissaient régner en ce campement et parmi ce petit peuple plein de respect pour le chef obéi et aimé.
Mme de Riquet lui donna, en ce lieu sauvage quelques mois auparavant, un fort beau repas, et Riquet lui fit visiter en détail ses magasins à vivres, dont M. de Seignelay loua l'ordonnance et l'abondance.
Après le repas Riquet et M. de Clerville, qui l'accompagnaient, le menèrent au bassin.