—Est-il mort? demanda Andréossy anxieux.

—Il vit! grâce à Dieu, répondit Pierre, qui touchait le cœur, ce n'est qu'un évanouissement.

—La fatigue de ce long voyage, peut-être? dit l'ingénieur.

—Cette fièvre de marais plutôt, reprit Pierre, tâtant le pouls de Riquet qui battait à grands coups irréguliers. Il en a eu déjà plusieurs accès.

—Il faut le transporter de suite à Bonrepos. Allons, commanda Andréossy aux laquais, coupez les branches les plus flexibles avec leurs feuilles, puis avec de jeunes arbres nous ferons un brancard.

Les valets confectionnèrent tant bien que mal, aidés par Pierre, une espèce de lit de feuillages sur lequel on étendit Riquet toujours sans connaissance, enveloppé dans le manteau de Pierre; et la petite troupe redescendit la rampe.

Les valets portaient leur maître.

Andréossy ainsi que Pierre le soutenaient sur les côtés.

—Ne vaudrait-il pas mieux nous arrêter ici? demanda le jeune ingénieur, lorsqu'ils atteignirent les premières maisons de Mont-Ferrand.

—Non, non! s'écria Pierre, nous n'aurions ici rien de ce qui serait nécessaire à un malade.