—J'espère que non, répondit Pascal de Nissan; je crois que j'ai trouvé enfin le moyen de soutenir les sables; si M. Riquet l'approuve, nous pourrons essayer ce que j'ai imaginé.

—Voilà qui est bien chanceux, dit l'archevêque, et comme ses secrétaires et les personnes de sa suite s'avançaient vers lui, riant et se moquant de ce pauvre canal ensablé:—Je connais M. Riquet, continua monseigneur de Narbonne, et son énergie indomptable: rira bien qui rira le dernier.

—Mais monseigneur, dit un de ses secrétaires, nous avons gravi une partie de la montagne, sûrement ces travaux souterrains ébranlent la masse et produisent des éboulements successifs: il suffit de voir pour s'en rendre compte.

Cet obstacle est non seulement difficile, il est invincible. N'est-ce pas aussi l'avis de votre Grandeur?

L'archevêque assis en ce moment devant la tranchée, avait en face de lui un énorme bloc de sable crayeux, nouvellement descendu de la montagne.

—Prêtez-moi un couteau, dit-il à son entourage; il se leva, prit le couteau qu'on lui tendait, et sans répondre, un fin sourire sur les lèvres, il se mit à entailler le bloc.

Il gravait de larges lettres romanes.

On regardait sans comprendre.

Quand il eut fini, il découvrit ce qu'il venait d'écrire.

—Voici ma réponse, fit-il.