Deux gentilshommes Languedociens, Gramont, baron de Lanta, et M. de Lombrail, trésorier de France, sollicitèrent la main de ses deux filles.
M. de Lanta était en relation d'amitié, depuis quelques années, avec la famille Riquet, et Henriette-Charlotte avait été distinguée par lui.
Quant à M. de Lombrail, il considérait comme un honneur d'entrer dans la famille du créateur du canal du Languedoc.
Riquet leur manda de lui faire le plaisir de venir à Bonrepos, là, il leur dit simplement:
—Vous savez, messieurs, que mes filles n'ont pas de dot: au moins quant à présent. Il vous faudra attendre que mes dettes soient payées, et que le canal rapporte pour que je puisse les doter.
—Je le savais, monsieur, répondit monsieur de Lanta, je sollicite l'honneur de votre parenté, et la main de mademoiselle Henriette Riquet de Bonrepos sans dot.
—Nous attendrons votre bon plaisir, monsieur, dit M. de Lombrail; mademoiselle Marie de Bonrepos m'a prévenu en me permettant la démarche que je tente aujourd'hui.
Riquet leur tendit les mains.
—Alors je n'ai plus qu'à donner mon consentement, dit-il souriant; ces demoiselles me paraissent avoir arrangé fort bien leurs affaires.
Il fit prévenir sa femme et ses filles, et présenta à ces dernières leurs fiancés.