—Eh bien? mon papa, dit Marie, tout bas, à son père, en prenant son bras pour aller souper, tandis que son jeune fiancé offrait le sien à sa mère; eh bien? vous voyez que mesdemoiselles Riquet se marieront quoique sans dot! Vous faisiez injure à la noblesse française, en doutant.
Son père lui pinça gaiement l'oreille.
—Et j'injuriais, sans le savoir, monsieur le baron de Lombrail, n'est-ce pas? lui répondit-il en riant.
Riquet, durant l'été qui suivit le mariage de ses filles, se fatigua outre mesure, ne consentant jamais à laisser son fils Mathias seul chargé de toute la surveillance.
Ses douleurs et ses spasmes augmentèrent.
Pierre le surprit un jour presque évanoui, renversé dans un fauteuil, pressant sa poitrine à deux mains.
—Ah! lui dit-il, haletant, suffoqué à demi. Ah! Pierre j'ai cru que j'allais mourir.
Pierre effrayé parla de courir chercher un médecin. Riquet secoua la tête.
—Non, dit-il, cela passera, cela passe déjà, vois! ne parle à personne de l'état où tu m'as trouvé. Je me sens mieux, n'inquiète pas les miens. Oh! j'irai bien encore jusqu'à l'achèvement de mon œuvre, fit Riquet avec énergie.