—Cours au château, lui dit Pierre, préviens de ce qui se passe ici, parle à M. Riquet, ton mari est sauvé à ce prix.

La Germaine se leva d'un bond, sans répondre; elle s'élança dehors.

Elle courait éperdue, hors d'haleine, butant, sans les voir, à tous les cailloux du chemin. A un détour de la route elle tomba presque sous les pieds d'un cheval, arrivant au grand trot en sens contraire.

Elle leva la tête et aperçut devant elle Riquet qui, d'une violente saccade, arrêta sa monture, au moment où, du poitrail, elle allait renverser la pauvre femme.

—Ah! monsieur le baron, c'est le bon Dieu qui vous envoie! Ils se battent! sauvez-les! on les tue! cria la malheureuse qui suffoquait.

Riquet se haussa sur ses étriers, le bruit de la lutte parvenait jusqu'à lui.

—J'y vais, répondit-il brièvement.

Et, sans se soucier du danger qu'il pouvait courir au milieu d'hommes surexcités par le désespoir ou la résistance, il partit au galop, suivi du seul laquais qui l'accompagnait.