22.--Partis à trois heures du matin pour retourner sur les frontières de la République ligurienne; nous avons logé ce jour à Voltagio.

23.--Partis à deux heures du matin, nous avons pris la traverse et avons été loger à Ovada, ville frontière de la République ligurienne, menacée par les troupes piémontaises d'être mise au pillage. Voilà pourquoi notre bataillon a été s'emparer de la ville pour la soustraire à un pareil malheur; cette ville est entourée par deux rivières qui s'appellent Stura et Orba. Je dirai que pendant que nous étions dans cette ville, nous avons été détenus vingt-six sous-officiers en prison pour avoir fait une réclamation; nous avons été douze jours à l'ombre [62].

19 messidor.--Partis pour Camfredo, ville de la Ligurie.

20.--Partis à une heure du matin. Logé à Voltri, à huit lieues et demie de Gênes.

23.--Logé à Varazze, de même sur la mer.

24.--Logé à Savone, où il y a un port marchand; il y a aussi un fort qui défend bien son approche et peut battre la ville.

25.--Logé à Final-Borgo.

26.--Partis à deux heures du matin. Logé à Albenga. Tous les endroits où nous avons logé sont situés sur la mer.

28.--Partis à une heure du matin pour une petite ville nommée La Piève, située dans la même vallée et à six lieues de la mer. Nous avons relevé à La Piève la garnison piémontaise qui s'était emparée de cette ville au moment où ils avaient la guerre ensemble. La France a mis fin à cette guerre, qui ne pouvait que mettre la famine dans le pays.--Comme cette contrée ressemble à la plus grande partie de la République ligurienne dont elle fait partie, je vais faire une petite description de la situation du pays. Ce ne sont que montagnes très hautes, la plupart sont couvertes de châtaigniers, d'oliviers, de figuiers et d'autres arbres à fruits de toutes sortes d'espèces; il y a aussi de la vigne plantée très clair et haute, parmi laquelle ils sèment du blé et d'autres grains, qui leur servent à faire du pain; mais ces derniers n'y sont pas très abondants. Tout ce pays est occupé en grande partie par le commerce qui y est bon, par rapport à la mer.

Il n'y a rien à voir de curieux dans la campagne; leurs maisons sont très antiques et toutes voûtées, pour parer aux chaleurs qui se font dans ce pays durant l'été. Il n'y a rien de remarquable dans leurs ménages, la plupart n'ont pas de meubles, mais seulement un coffre pour mettre le peu d'habillements qu'ils ont. Le dedans des maisons est très obscur et la plupart n'ont pas de vitres; un simple volet ferme le jour. On n'y voit presque point de cheminées: ils font le feu dans l'un des coins de la maison. Les deux sexes sont vêtus assez antiquement; les femmes et les filles portent sur la tête un grand voile pour aller à l'église. Ce peuple est traître de son naturel, il a toujours caché sous lui une arme tranchante et très aiguisée, et à la moindre difficulté on est frappé de cet outil.