8 frimaire.--Partis de la Piève pour Gênes, nous avons été loger à Loano; le 9, à Varazze; le 10, à Gênes. Étant dans cette ville nous avons fourni un détachement de trois cents hommes pour aller s'emparer de la ville d'Oneglia, appartenant au Piémont. La garnison piémontaise a été désarmée et envoyée à Gênes, mais de suite on leur a envoyé leurs armes, pour partir sur les frontières d'Italie. Ceci s'est fait au moment de la révolution du Piémont. Le détachement dont je faisais partie est sorti de Gênes le 20 frimaire, à une heure de l'après-midi; nous avons logé en allant à Oneglia, à Voltri, à Savone, à Finalborgo, à Alassio. Il y avait avec nous trois cents Liguriens. Cette ville s'est rendue à notre approche; nous y sommes entrés le 24 frimaire à quatre heures du soir. Le reste de notre bataillon, qui était à Gênes, est venu nous rejoindre le 15 nivôse; il est seulement resté à Oneglia deux compagnies, et les autres ont appuyé à gauche le long de la mer. Ce mouvement s'est fait le 15. Notre compagnie était à Diano-Marino et à Alassio.

Partis de ces cantonnements le 1er pluviôse, nous sommes venus le 5 à Gênes, lieu de rassemblement de notre demi-brigade pour en former deux bataillons de guerre et un de paix. Ce dernier était composé d'hommes impotents, infirmes, qui ne pouvaient plus faire campagne et complétés avec des conscrits. Les deux bataillons de guerre étaient formés d'hommes aguerris et en état de faire campagne avec une vingtaine des plus adroits des conscrits par compagnie, tirés dans le troisième bataillon. Dans cet amalgame, nous sommes devenus la troisième compagnie du premier bataillon. Cet embrigadement s'est fait à Gênes, le 8 pluviôse. Le premier bataillon est parti de Gênes le 9 pour se rendre à Reggio; le deuxième bataillon le 10, pour la même route. Je n'ai point été de ce départ, je suis entré à l'hôpital le 10; j'avais une maladie qui m'interdisait la marche.

20 ventôse.--Partis de la ville de Gênes pour me rendre à Reggio.

En quittant le pays de la Ligurie, je laisse un pays assez abondant en oliviers, châtaigniers; ils récoltent aussi une certaine quantité de vin et de grains; la plus grande occupation des habitants est le commerce. Ils élèvent quantité de vers à soie nourris par les mûriers qui poussent dans ce pays.--Me voilà entré dans le Piémont en sortant de Novi; j'ai logé le 23 à Tortone, ville fortifiée et accompagnée d'un fort assez considérable, sur une hauteur qui commande la ville; le 24, à Voghera; le 25, à Castel-San-Giovani, bourg dépendant du roi d'Espagne; le 26, à Plaisance, belle grande ville au roi d'Espagne, magnifiquement bâtie. Il y a là une superbe place sur laquelle sont placés deux piédestaux sur lesquels sont deux chevaux en bronze avec leurs guerriers.

Elle est très bien décorée par de belles maisons; les rues sont très larges et bien proportionnées. Autrefois, cette ville était fortifiée, mais il ne reste plus que de vieux remparts qui tombent en ruine.

27.--Logé à Borgo-San-Domino, de même dans les États du roi d'Espagne.

28.--À Parme, appartenant au duché de son nom; la rivière du même nom, Parma, passe dans ladite ville et la partage en deux parties inégales; la construction en est assez belle, les rues larges, il y a aussi d'assez jolies places.

29.--À Reggio, ville grande et bien peuplée, maintenant à la République cisalpine; il y a une belle place, des rues très larges; elle était autrefois fortifiée, maintenant il existe encore une vieille citadelle qui tombe en ruines et qui ne pourrait pas tenir longtemps. J'ai eu séjour dans cette ville.

1er germinal.--À Modène; la ville est plus longue que large: les rues sont larges, les maisons assez élevées et d'une belle construction; il y a de belles grandes places. Cette ville est encore actuellement un peu fortifiée.

3.--À Buondeno, village dans les environs de Ferrare.