[Note 50: ] [(retour) ] «Cette retraite est devenue célèbre; cependant il faut convenir qu'elle était loin d'offrir les mêmes difficultés que le retraite de l'armée de Sambre-et-Meuse, avec laquelle Moreau eu mieux fait d'opérer sa jonction.» (SOULT.)

[Note 51: ] [(retour) ] Voir la note 53 (siège de Kehl.)

[Note 52: ] [(retour) ] Il s'agit ici du craquelin, petit gâteau ayant effectivement cette forme.

[Note 53: ] [(retour) ] Rien n'est exagéré dans ce compte rendu de la situation. «Voulant rester à portée de l'Alsace pour profiter des intrigues que Pichegru continuait à ourdir, et pour lesquelles il était même revenu en personne à Strasbourg, les Autrichiens commencèrent par le siège de Kehl. Quelques travaux y avaient été faits pendant la campagne, et un camp retranché avait été établi en avant, mais tous ces ouvrages étaient simplement en terre et paraissaient peu susceptibles de tenir longtemps contre une attaque régulière. Néanmoins, la défense fut telle qu'elle résista à quarante-sept jours de tranchée ouverte, pour ne laisser à l'ennemi que des monceaux de terre bouleversée. Il en fut de même à la tête du pont de Huningue dont les ouvrages étaient plus petits encore, et qui, attaquée depuis les premiers jours de novembre, ne fut évacuée que le 2 février suivant. Ces deux défenses mémorables ont été décrites dans des ouvrages spéciaux. (SOULT.)--Voir le n° III de notre Supplément.

[Note 54: ] [(retour) ] Les généraux blessés furent au nombre de trois: Desaix, Duhesme et Jordy. Tous avaient payé de leur personne pour doubler l'élan des troupes dans ces deux belles journées. Arrivé de Paris la veille, le général en chef s'était jeté dans l'eau jusqu'à la ceinture pour aider, en tirant sur des cordages avec Desaix et son état-major, à dégager un bateau engravé. Duhesme avait eu la main percée d'une balle en battant sur une caisse de tambour avec le pommeau de son sabre pour ramener un bataillon à la charge.

[Note 55: ] [(retour) ] Le seul général O'Reilli avait été fait prisonnier, mais le général Staray avait été tué, ce qui explique l'exagération apparente du chiffre.

[Note 56: ] [(retour) ] Le fort fut enlevé par quelques dragons du 17e régiment qui passèrent le Kintzig; on était en train de le reconstruire sur un nouveau tracé.

[Note 57: ] [(retour) ] Les intelligences de Pichegru avec l'ennemi avaient commencé en 1795, et ses fausses manoeuvres préméditées compromirent alors l'armée de Jourdan. Déporté en 1797, il s'évada pour s'allier ouvertement aux ennemis de la patrie, et revenir mourir honteusement à Paris. Le prix stipulé pour sa trahison comprenait une infinité d'articles: le gouvernement d'Alsace, le grade de maréchal, deux grands cordons, douze canons, le château de Chambord, la terre d'Arbois, un million d'argent et deux cent mille livres de rentes. En attendant la réalisation de ces promesses, le ministre anglais de Suisse lui faisait passer des subsides. Moreau, auquel on avait apporté la preuve écrite de ce pacte, fut accusé de l'avoir divulgué trop tard.

[Note 58: ] [(retour) ] Le maréchal Soult dit beaucoup en peu de lignes sur les causes possibles de la mort trop subite de Hoche: «Cependant, l'esprit républicain était encore très vif dans les rangs de l'armée; aussi, quand la lutte fut engagée entre la majorité des conseils et celle du Directoire, celle-ci appela l'armée à son secours. On donna le mauvais exemple de faire faire des adresses par des corps de troupe. Le général Hoche fut à Paris, et l'on fit avancer deux divisions de Sambre-et-Meuse dans les environs de la capitale, sous le prétexte de les envoyer sur les côtes de l'Océan. Ce mouvement eut lieu à l'insu du directeur Carnot et du ministre de la guerre lui-même, du moins ce dernier en fit la déclaration. Le général Bonaparte fut plus circonspect que le général Hoche; il se borna à envoyer à Paris le général Augereau, qui fit le coup de main du 18 fructidor. Quant au général Hoche, il s'aperçut probablement au dernier moment, qu'il ne jouerait pas dans le coup d'État projeté le rôle qu'il croyait devoir lui revenir et qu'il y serait associé à des hommes avec lesquels il ne pouvait lui convenir d'être confondu. Il se hâta donc de rejoindre son armée, mais à peine était-il arrivé à son quartier général de Wetzlar, qu'une courte maladie, dont la nature parut assez extraordinaire, l'emporta, le 19 septembre (troisième jour complémentaire). Des bruits d'empoisonnement circulèrent d'abord: les soupçons se fondaient sur ce que le général Hoche était vraisemblablement dépositaire de secrets importants, et qu'il devait y avoir des personnes intéressées à ce qu'il cessât de leur porter ombrage par sa supériorité et l'ascendant qu'il exerçait sur son armée, voisine de la France. On ne peut pas admettre légèrement des soupçons d'une nature aussi grave, et il est plus que probable qu'ils n'avaient rien de fondé, cependant ils n'ont jamais été éclaircis. Quoi qu'il en soit, les plus sincères regrets l'accompagnèrent au tombeau et, pour en perpétuer le souvenir, l'armée fit élever un monument dans la plaine entre Coblentz et Andernach, où son corps fut déposé.

«Le général Hoche possédait les qualités qui constituent le grand capitaine, et il les faisait ressortir par les dons extérieurs les plus séduisants. Son port noble et majestueux, sa physionomie ouverte et prévenante, attiraient la confiance à la première vue, comme sur les champs de bataille, toute son attitude commandait l'admiration. Un coup d'oeil prompt et sûr, un caractère entreprenant qu'aucune difficulté n'était capable d'arrêter, des sentiments très élevés, et en même temps, une grande bonté, une sollicitude constante pour le soldat: il n'en fallait pas tant pour que l'armée aimât en lui un chef qui avait toujours été heureux, et qui avait la gloire d'avoir pacifié la Vendée. On lui a reproché l'ambition. Il n'avait que trente ans, lorsque la mort l'enleva à la France; à cet âge, à la tête d'une armée, avec la réputation dont il jouissait et le sentiment qu'il avait de sa propre valeur, il était bien difficile de se préserver de l'ambition, surtout lorsqu'il voyait s'élever à ses côtés des réputations qu'il se croyait capable d'égaler. Aussi je crois que si Hoche eût vécu, il eût prévenu le 18 brumaire, ou du moins qu'il eût pris le rôle de Pompée, lorsque le nouveau César vint s'emparer du pouvoir suprême.

[Note 59: ] [(retour) ] C'est effectivement à cette date que fut signé le traité de Campo-Formio.