— Ça doit coûter chaud, tous ces voyages, monsieur le professeur ?
— Le dernier qui a précédé celui-ci m’est revenu à environ sept mille dollars. Celui-ci en coûtera dans les cinq mille. Mais j’ai diverses subventions.
— Bon Dieu de bon Dieu ! soupira Sandy. Alors vous partez dans huit jours ?
— A peu près.
Sandy Mac Trigger se retira, avec un mauvais sourire au coin de la lèvre.
Paul Weyman le regarda s’en aller.
— J’ai dans l’idée, dit-il à Kazan, que cet homme ne vaut pas cher. Peut-être n’as-tu pas tort de toujours vouloir lui sauter à la gorge. Il aurait apparemment désiré que je le prenne pour guide.
Il plongea ses mains dans ses poches et rentra dans a cabane.
Kazan, s’étant couché, laissa tomber sa tête entre ses pattes, les yeux grands ouverts. L’après-midi était déjà fort avancé. On était bientôt à la mi-septembre et chaque nuit apportait avec elle les souffles froids de l’automne.
Le chien-loup regarda les dernières lueurs du soleil s’éteindre dans le ciel du Sud. Puis les ténèbres s’étendirent rapidement. C’était l’heure où se réveillait son désir farouche de liberté. Nuit après nuit, il rongeait la chaîne d’acier. Nuit après nuit, il avait regardé la lune et les étoiles, et, tandis que le grand danois dormait allongé tout de son long, interrogé l’air pour y saisir l’appel de Louve Grise.