— Viens, mon petit ! Allons, viens !
Elle tendait la main vers lui.
Les muscles de Kazan se contractèrent. D’un pouce de deux pouces, il réussit à ramper vers elle.
Dans les yeux qui le regardaient, il retrouvait l’ancienne clarté, et tout le clément et consolateur amour qu’il avait connu jadis, alors qu’une autre femme, avec des cheveux aussi beaux, des yeux aussi brillants, était entrée dans sa vie.
— Viens, murmurait-elle, tandis qu’il s’efforçait d’avancer.
Elle aussi avança un peu et, tendant davantage sa main, la lui posa sur la tête. Pierre s’était, à son tour, agenouillé près de Jeanne. Il offrait quelque chose, et Kazan flaira de la viande. Mais c’était la main de Jeanne qui, surtout, l’occupait. Sous sa caressante pression, il tremblait et semblait grelotter. Et, lorsque Jeanne, s’étant relevée, l’invita à la suivre, il réunit toutes ses forces, mais ne put réussir à obéir.
Alors seulement Jeanne s’aperçut du triste état d’une de ses pattes. Oubliant toute prudence, elle vint tout près de lui.
— Il ne peut marcher ! Père, regardez ! s’écria-t-elle avec un frémissement dans la voix. Vois quelle terrible entaille ! Il nous va falloir le porter.
— J’y avais songé, répondit Pierre Radisson, c’est pourquoi j’ai apporté cette couverture.
A ce moment, de l’obscurité du bois, s’éleva un cri sourd, un gémissement lamentable.