L’espace d’une seconde, Marette fut reprise par cette crainte subconsciente que ce ne fût point Kent qui se tenait là devant elle. Mais aussitôt elle sourit, ouvrit doucement les bras et les tendit vers lui. Alors son sourire s’évanouit, et ayant serré de toutes ses forces ses bras autour du cou de Kent, elle laissa tomber sa tête sur la poitrine de son ami, comme écrasée sous le poids du bonheur.

Kent regarda Mac Trigger.

A ses côtés se tenait une femme aux cheveux noirs, aux yeux sombres, qui, une main appuyée sur le bras de Mac Trigger, souriait avec quelque mélancolie. Kent comprit qu’elle était l’épouse de Trigger.

Elle s’approcha.

— Mieux vaut que je l’emmène maintenant, M’sieu, dit-elle. Malcolm vous racontera tout. Un peu plus tard vous pourrez la revoir.

Elle avait la voix lente et douce. En l’entendant, Marette leva la tête, et ses deux mains pressèrent les joues de Kent à qui elle murmura :

— Embrasse-moi, Jim… mon Jim… Embrasse-moi !

CHAPITRE XXVI
LA VENGEANCE DE DONALD

Lorsque Kent et Mac Trigger se trouvèrent seuls, ils se serrèrent vigoureusement la main. Ils avaient bravé la mort l’un pour l’autre ; ils n’y firent aucune allusion. Mais, par la vibrante pression de leurs doigts et leurs regards plongeant l’un dans l’autre, ils exprimèrent ce qu’aucune parole n’aurait su mieux rendre : l’inaltérable force de leurs sentiments fraternels.

La première question que voulut poser Kent concernait la santé de Marette. Mac Trigger devina tout de suite les craintes de son ami. Il sourit légèrement d’un sourire heureux, tandis qu’il regardait la porte par laquelle étaient sorties Marette et sa femme.