— Marette. Pas Mademoiselle : Marette, simplement, rectifia-t-elle presque sèchement.

— Pourquoi diable, Mademoiselle Marette…

— Marette, rectifia-t-elle de nouveau, avec quelque douceur cette fois.

— Pourquoi diable arrivez-vous juste au moment où je vais casser ma pipe ? Quel est votre autre nom ? Quel âge avez-vous ? Que me voulez-vous, en somme ?

— Je n’ai pas d’autre nom que celui de Marette. J’ai vingt ans, et je suis venue pour faite votre connaissance et voir votre attitude.

— Bigre ! s’exclama-t-il. Nous allons fort. Et maintenant ?

Elle baissa les yeux sous le regard de Kent, qui crut bien l’avoir intimidée ; mais redressant aussitôt la taille, elle regarda fièrement le blessé et lui dit gravement :

— Je sais que vous avez superbement menti pour sauver un autre homme.

— Vous aussi !… se récria-t-il, en faisant mine de ricaner.

— Oui, je le sais ; et c’est très beau de votre part. Vous pensiez que vous alliez mourir et vous n’avez pas craint de sacrifier votre réputation. Vous les avez tous convaincus en entrant dans les détails. Mais moi, je sais que vous avez menti, vous n’avez pas tué John Barkley.