— Vous croyez alors… que j’ai tué Kedsty ?
— Ce sang sur votre main, et la main de ce malheureux qui porte la trace de vos ongles ?
— C’est en voulant empêcher qu’on le tue.
— Possible, mais guère admissible. Enfin ! Il vous avait peut-être offensée déjà. Vous vous êtes vengée en choisissant la manière qui vous a plu… Je ne veux plus rien savoir. Sauvez-vous !
— Et vous, vous iriez vous livrer ?
— Oui. On ne pourrait manquer de penser que j’ai été, pour le moins, complice de l’assassinat de Pierre Kedsty. On ne dira pas cela, ou si on le dit, on ajoutera : « Il est revenu payer. »
Marette comprit alors tout entière la pensée de Kent, mais elle ne sentit pas d’abord ce que cette pensée avait d’offensant pour elle, tant était profond son amour. Elle trembla pour lui. Son angoisse précédente fit place à la crainte de le perdre. Il témoignait une attitude froide. Marette fut gagnée par la même attitude, parce que lui, c’était elle. Aussi, d’un ton rigide, elle lui dit :
— Kent, si j’avais été obligée de tuer Pelly, vous seriez-vous sauvé de la caserne ?
— Oui, sans doute.
— La mort de l’innocent Pelly ne vous aurait point parue un assassinat ?