Tyr entendit le troisième coup de feu et ce fut tout. Tandis que les détonations se répercutaient de cime en cime, il reçut un coup formidable à la base du crâne, à cinq centimètres au dessous de l’oreille.

Ce fut comme si une massue s’était abattue sur lui du haut du ciel et il dégringola comme une masse.

La balle avait ricoché sur l’os épais. Elle ne le fit presque pas saigner, mais pendant un instant il fut assommé littéralement, mis knock-out comme un homme peut l’être par un swing à la mâchoire.

Avant qu’il ait pu se relever, les chiens étaient déjà sur lui, lui déchirant la gorge, le cou et le ventre.

Avec un rugissement farouche, il se releva d’un bond et secoua la grappe acharnée.

Dix fois, il frappa sauvagement ; Langdon et Bruce l’entendaient beugler, tandis que, le doigt sur la détente, ils attendaient, pour l’achever, que les chiens s’éloignassent suffisamment.

Mètre par mètre, à reculons, Tyr gravissait la pente abrupte, grinçant des dents et défiant la meute frénétique, défiant l’odeur de l’homme, l’étrange tonnerre, l’éclair brûlant, la mort elle-même.

Et, à cinq cents mètres au-dessous, Langdon sacrait furieusement, car les chiens, accrochés à l’ours, l’empêchaient de placer une balle.

Jusqu’au sommet de la montagne, la meute hurlante protégea Tyr et lui servit de bouclier.

Il disparut, toujours lentement, par delà la crête du mont.