Là-haut, il s’imaginait trouver Tyr, mais il avait peur et il continua de gémir doucement tout en enfonçant ses petites griffes dans la pierraille.
Il ne leva pas les yeux vers la crête après s’être remis en route. Il lui eût fallu, pour ce faire, s’arrêter et tourner la tête de côté, car l’ascension était ardue.
C’était ainsi qu’il ne vit pas Langdon et Bruce franchir la crête de la montagne comme il en était encore à cent cinquante mètres. Il ne pouvait pas non plus les sentir, car le vent était en leur faveur.
Inconscient de leur présence, il parvint à la ceinture de neige ; joyeusement il flaira les énormes empreintes de Tyr et il les suivit.
Au-dessus de lui, Bruce et Langdon attendaient, accroupis, leur fusil posé sur le sol. Tous deux s’étaient dépouillés de leurs épaisses chemises de flanelle et ils les tenaient toutes prêtes en leurs mains.
Lorsque Muskwa fut à moins de vingt mètres d’eux, ils se précipitèrent sur lui comme une avalanche.
L’ourson ne se ressaisit suffisamment pour bouger que lorsque le guide se trouva sur lui.
Il vit et comprit le danger dans le dernier cinquième de la dernière seconde et, comme Bruce se précipitait en avant, la chemise étendue comme un filet, Muskwa se précipita de côté.
S’étalant sur la figure, Bruce ramassa une pleine chemise de neige et la serra contre sa poitrine croyant qu’il avait capturé l’ourson.
Au même instant, Langdon trébucha sur les longues jambes de son ami et roula en cabriolant sur la pente de la montagne.